Un phénomène circonscrit certes dans les zones rurales, mais qui n’en trahit pas moins l’étendue du fiasco du chimérique équilibre villes-campagnes que les politiques successives de développement se sont proposés d’atteindre. Le CEM d’El Djemaâ dans la commune d’Ouzellaguen confirme, si tant est besoin, que les principes qui président à la réalisation de ce genre de projets font la part belle aux injonctions paternalistes déconnectées de la réalité du terrain. Voilà sept ans qu’il a ouvert ses portes qu’on évoque déjà, ici et là, sa probable fermeture. Une fermeture qui, si elle venait à se concrétiser, contraindrait les rares habitants encore accrochés à leurs crêtes, à s’en aller par monts et par vaux pour trouver un collège où scolariser leur progéniture. Nous ne serions pas mécontents de nous tromper mais tout y concours hélas, dans une parfaite synergie. Le déclin des natalités, valable pour toutes les régions du pays et l’exode des populations, propre aux zones rurales, se posent ici avec une telle acuité qu’il ne serait pas hasardeux d’avancer que les jours (pardon, les années) du CEM d’El Djemaâ sont désormais comptées. Il ne totalise, en tout en pour tout, que quatre divisions pédagogiques (une par niveau) pour un effectif de 112 élèves dont l’écrasante majorité-fait plutôt rarissime- est admise au régime de la demi-pension. Les écoles primaires « pourvoyeuses » d’élèves de ce CEM base 6 (entendez 18 locaux pédagogiques) ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. La population scolaire autant que le staff pédagogique y sont réduits à leur portion congrue. En difinitive, on s’achemine inexorablement vers un « solde de tout compte » de la fonction éducative dans toutes ces contrées déshéritées.
Nacer Maouche
