Les listes de la discorde

Qu’il s’agisse de logements sociaux ou d’aide à la construction, dans le cadre du logement rural, les listes des bénéficiaires sont toujours contestées. La dernière contestation en date est celle qui a eu lieu à Yakouren, lors de l’affichage de la liste des bénéficiaires de l’aide de l’Etat à l’autoconstruction. Mais il faut citer toutes les autres, et apparemment elle ne sera pas la dernière ! En fait, la contestation est le corollaire obligé de ces listes. Quel que soit le lieu, quel que soit le nombre de logements ou d’aides, il y aura toujours des demandeurs pour contester les affectations. Si je ne figure pas sur la liste, c’est parce que j’ai été injustement écarté. Je suis dans un état plus critique qu’un autre qui, lui, en a bénéficié ! Tel semble être le moteur de la contestation. S’il est vrai que certaines affectations sont arbitraires, d’autres semblent tout à fait légitimes, les cas sociaux étant connus de tous. En fait, s’il y a des problèmes, c’est parce que le nombre de demandes excède toujours l’offre. Que dire, par exemple, quand, pour une dizaine de logements, il y a quatre cents demandes ? Si on part du principe que les demandes entrant en compétition émanent toutes de nécessiteux, c’est trois cent quatre-vingt-dix mécontents qu’on a. Trois cent quatre-vingt-dix contestataires qui vont crier au favoritisme et à l’injustice. Chaque affectation est en principe décidée après étude des dossiers, auxquels on applique des critères, en principe connus de tous. La sagesse exige qu’une fois qu’on a accepté les critères, on accepte les résultats de la sélection. Et on attend son tour pour les prochaines attributions. Mais voilà, on a peur qu’il n’y ait pas d’autres attributions ou que d’autres dossiers viennent encore les concurrencer…

S. Aït Larba