Une grève nationale en réponse à l’appel lancé par leur syndicat, le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES), une protestation organisée pour réitérer leurs revendications. La décision de recourir à la grève avait été prise le 5 décembre 2005 à l’occasion d’une réunion du Conseil national du syndicat des enseignants du supérieur. Selon M. Cherbal, coordinateur du CNES contacté hier, « la grève a été massivement suivie à l’échelle nationale. Tous les adhérents du Conseil national des enseignants du supérieur ont répondu massivement à notre appel. Le taux de suivi de ce préavis à l’USTHB a été de 100 %, y compris l’université de Blida, Jijel, Bouzaréah, Médéa, Annaba, Sidi Bel Abbès et Oran ». Le même intervenant a tenu à souligner que » les enseignants sont déterminés cette fois ci à aller jusqu’au bout. Nous avons arrêté plusieurs actions, dont ce mouvement de débrayage du 25 février au 2 mars, c’est-à-dire que durant cette semaine, si nos revendications ne sont pas prises en charge, nous opterons pour une autre grève ouverte prévue pour le mois de mai prochain « .Les responsables du CNES avaient tenu des assemblées générales à travers toutes les universités du pays pour expliquer les raisons du débrayage, à savoir leurs revendications non prises en charge par la tutelle. Cette grève, selon M. Cherbal, est « le seul moyen pour les enseignants du supérieur de faire entendre leur voix et de protester contre leur tutelle qui n’a pas considéré leurs doléances malgré les rencontres cycliques et les promesses du ministre ». Il s’agit, entre autres, du statut de l’enseignant chercheur, des salaires restés figés, du logement, de la démocratisation de la gestion de l’université et la création de postes budgétaires pour les jeunes diplômés.Rappelons également que le CNES avait déjà observé une grève le 14 janvier dernier, où la majorité des universités ont été paralysées.Il est à noter que le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid Harraoubia, a déposé mardi dernier une plainte contre le Conseil national des enseignants du supérieur, estimant que la grève à laquelle ce syndicat avait appelé était illégale. L’affaire a été jugée mercredi devant la chambre administrative du tribunal Abane- Ramdane qui a ordonné l’arrêt de cette grève. Sans toutefois commenter la décision de la justice, les enseignants syndicalistes ont estimé que le ministre de l’Enseignement supérieur, en traînant le syndicat devant les tribunaux a dénié ainsi un droit constitutionnel assuré pour un syndicat agréé officiellement depuis une dizaine d’années. De son côté, le coordinateur national-adjoint chargé de la région Ouest, M. Machab, a déclaré dans un communiqué parvenu hier à notre rédaction que « par son recours inattendu à la justice, pour annuler la grève nationale décidée par le conseil national du CNES, le 24 février 2006, la tutelle a montré une fois de plus son incapacité à gérer sereinement un conflit social et à respecter ses engagements pour un partenariat social positif, franc et loyal avec le CNES ». Ce dernier a ajouté que « l’un des griefs portés par la tutelle pour l’annulation de la grève est la perspective d’une possible autre grève en mai prochain. Ceci démontre d’une manière catégorique et sans appel l’intention de la tutelle de garder un statu quo dans la résolution des problèmes ».Par cette grève selon le même communiqué, » les enseignants attirent l’attention de l’opinion publique, entre autres sur leur situation sociale dramatique et sur les inégalités et injustices qu’ils subissent au nom d’une certaine logique qui arrivera à terme à la déstabilisation des grands pôles universitaires. Ces inégalités portent sur une différence de 80 % des salaires et sur la prime de rendement gardée au niveau de 10 % pour les enseignants universitaires alors qu’elle atteint les 40 % au sein de la Fonction publique « .
B. Nawel
