Le marché informel de la devise européenne est pris depuis de longs mois d’un excès de déprime lequel semble inscrire son action dans la chronicité. On est, en tous cas, bien loin des sentencieuses « réactions épidermiques » et autres « baisses saisonnières » entendues dans ce milieu interlope, quand l’euro a commencé à céder ses premiers points. C’était en été 2005. De spéculation en prophétie, des érudits se sont précipités avec la même assurance pour prédire une imminente reprise des cours. La suite, on la connaît : dans sa longue et lente dérive, l’euro a décroché de plusieurs crans, passant sous la barre symbolique de cent dinars. La plongée de l’euro a réduit sa parité à 95,5 dinars. C’est là, l’un de ses plus bas niveaux rarement enregistré depuis son entrée en vigueur il y a quatre ans. Un niveau, toutefois très proche du cours officiel relativement stable, à un peu moins de 90 DA et établi sur le mode du « fixing ». La dépréciation de la monnaie européennes a injecté une dose d’incertitude dans le marché avec comme corollaire une chute notable du volume des échanges. Craignant un nouveau repli, les détenteurs de l’euro préfèrent s’en débarrasser, accentuant par la même occasion le mouvement baisser. La morosité du marché, outre qu’elle n’arrange pas les affaires des spéculateurs de tous bords, est synonyme de nivellement par le bas pour les titulaires d’une pension en devise.
Nacer Maouche
