Le nouveau pôle universitaire de Bouira a vécu, durant la matinée d’hier, au rythme des protestations estudiantines.
En effet, deux rassemblements ont été organisés par les étudiants du département de langue et culture amazighes et ceux du génie biomédical, alors que ceux de la faculté des sciences économiques ont décidé de boycotter les examens du premier semestre prévus pour hier. Ainsi et pour les étudiants en génie biomédical, qui sont en grève depuis le 25 janvier dernier, il s’agit d’après eux, d’une action de sensibilisation et d’organisation de leur mouvement. Ils réclament toujours la reconnaissance officielle de leur diplôme de fin d’études par la fonction publique. Selon les intervenants, les étudiants en télécommunications ainsi que ceux en électrotechnique, ont rejoint ce mouvement de protestation, car ils sont exposés au même problème : «Les étudiants en télécommunications et en électrotechnique, ont rejoint notre mouvement de grève depuis samedi, car même leurs diplômes ne sont pas reconnus par la fonction publique. Nous sommes actuellement en concertation pour la création d’une cellule de crise, composée des représentants des trois départements pour suivre ce dossier», affirme un membre du comité des étudiants. Selon le même intervenant, une requête a été adressée au ministère de l’enseignement supérieur pour exposer ce problème. Cependant, la réponse qui en a émané n’a pas convaincu les étudiants qui ont décidé de maintenir leur mouvement de grève : «Dans leur réponse, les responsables du ministère nous ont seulement signifié que le titre de notre diplôme a été communiquée à l’ensemble des services, mais aucune preuve ne nous a été donnée que notre diplôme est effectivement reconnu, particulièrement par la fonction publique». Par ailleurs, les étudiants ont aussi assuré qu’une demande d’audience au wali de Bouira, sera prochainement introduite, et ce, afin de lui exposer leur revendication. Du côté du département de langue et culture amazighes, les étudiants sont aussi montés au créneau, et ce, afin de réclamer plus de sécurité au sein de l’université. Selon eux, le climat de sécurité, particulièrement au niveau du pôle universitaire, s’est sensiblement dégradé cette année. Les mêmes étudiants ont aussi tenu à dénoncer la récente agression à l’arme blanche, dont a été victime, un étudiant de leur département : «Les étudiants, au même titre que les enseignants, se trouvent menacés. Des cas d’agressions physiques et d’infiltrations d’extras universitaires sont signalés quotidiennement, particulièrement au pôle universitaire. Les agents de sécurité, en nombre insuffisant, se trouvent dépassés. Nous réclamons une intervention rapide de l’administration de l’université, pour le renforcement des agents de sécurité ainsi que des points de présences réguliers des services de sécurité, aux alentours de l’université», nous dira un syndicaliste du CDLCA, le comité autonome des étudiants. Par ailleurs, les étudiants de la faculté des sciences économiques de la même université, affirment maintenir leur grève en boycottant les examens du premier semestre prévus pour hier, et ce, en raison de la «sourde oreille de l’administration de la faculté qui refuse tous compromis», lit-on dans la déclaration de LNEA, l’organisation initiatrice de cette grève. Pour rappel, les étudiants de ce département ont réclamé au premier jour de leur grève, le report de la date des examens, la mise en place d’un nouveau planning en concertation avec les étudiants ainsi que la révision du créneau horaire des principaux modules.
Oussama Khitouche

