«La localité a besoin d’un nouveau PDAU»

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Haïzer est une ville située sur le bord de la RN33 menant vers la station climatique de Tikjda, à une dizaine de kilomètres de Bouira. Ce chef-lieu de daïra a beaucoup évolué au cours de ces dernières années. Avec une population estimée à près de 20 000 habitants et s’étalant sur 84 km2, Haïzer est devenue une coquette ville qui a de grandes ambitions. C’est ce que confirme M. Chaabane Meziane, maire de cette municipalité RCD, qui revient sur le bilan de son mandat.

La Dépêche de Kabylie : Haïzer a beaucoup changé au cours de ces dernières années, qu’en est-il du programme de développement local ?

Chaabane Meziane : Nous avons réalisé de nombreux projets dont le réseau du gaz naturel est estimé à l’heure actuelle à près de 90% mais nous avons trois localités qui sont gelés par ce projet dont Ras Touila, Izemouren et Ain Alouane, ceci dans le programme quinquennal 2010-2014. Deux autres localités sont programmées dans le programme quinquennal 2014-2019 avec les études achevées pour Tanagouth et Voumechref. Pour l’électrification rurale, le problème se pose avec l’aide à l’habitat rural qui connait une certaine expansion. Pour cela nous avons dégagé une enveloppe et avons sollicité un BET afin d’établir une étude complète sur le réseau électrique et celui du gaz ainsi qu’un plan de masse pour le raccordement de tous les foyers à ces énergies. Le travail est actuellement en voie d’achèvement et nous le présenterons au niveau de la wilaya pour sa prise en charge. Les autorités de wilaya, la direction des Mines notamment rejettent systématiquement les demandes personnelles au raccordement en énergie. Il faut dire que nous avons pu également régler le problème des sempiternelles chutes de tensions électriques que connaissait Haizer auparavant, nous les avons complètement éradiquées grâce à l’installation de postes transformateurs. Nous pouvons affirmer que l’amélioration urbaine est à 90% achevée, il nous reste un seul point noir qui est le Village Socialiste Agricole (VSA) de Tikboucht et les travaux sont en cours. Pour le VSA, nous avons réalisé en PCD l’éclairage public, le circuit fermé en AEP ainsi que le réseau d’assainissement, ceci pour 2016. Pour cette année 2017, l’achèvement du réseau d’assainissement est l’une de nos priorités. Malheureusement avec les mesures d’austérité, nous n’avons que deux milliards que nous allons orienter vers le VSA car il s’agit d’un point noir comme je vous l’ai dit. J’ai interpellé récemment le wali de Bouira pour lui évoquer le cas de Tikboucht avec 28 photos pour illustrer la situation et en lui montrant l’ensemble des réalisations : éclairage public, réseau AEP et d’assainissement. Cela fait 36 ans qu’ils attendent depuis la création du VSA. Les habitants ont assez attendu leur part de développement, il est temps qu’en 2017, ils bénéficient du bien-être et des commodités de l’heure. Le wali nous a promis une rallonge de 500 millions de centimes et il a également instruit la DUC pour la prise en charge de ce village. L’éclairage public a été réalisé à travers toute la commune, nous avons réhabilité le réseau AEP en PHD également dans le cadre des PCD et des prélèvements et le raccordement vers le barrage de Tilesdit est en cours.

Haïzer est une étape incontournable pour les visiteurs qui se rendent àTikjda, la vocation de la région se prête parfaitement au tourisme. Qu’en est-il réellement?

En premier lieu, il faut savoir que nous sommes confrontés au problème du Plan Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme (PDAU) de Haizer à cause du manque d’assiettes foncières. Nous avons clôturé notre enquête et nous avons orienté l’étude du PDAU vers l’ouest. Il demeure cependant sous réserve et des contraintes apparaissent déjà. Lors de la dernière visite officielle du wali, j’ai évoqué ce problème majeur auquel nous sommes confrontés : qu’elle est la vocation de la région de Haizer ? Nous avons là une occasion en or car en lançant l’étude du PDAU, nous allons la schématiser de manière à ce qu’elle se fasse sous forme de triangle entre Taghzout, commune voisine du nord, et la commune de Bouira. Si la vocation de Haizer est touristique, il faut penser d’ores et déjà aux infrastructures touristiques à implanter. Si Haizer est à vocation agricole, il faut impliquer le secteur de l’agriculture et prévoir le réseau d’irrigation indispensable pour ce secteur. Tout est ambigu dans le développement de cette région. J’ai alerté tout le monde et les autorités de wilaya notamment. Nous n’allons pas attendre encore 20 ans avant que l’on adopte un autre PDAU pour prévoir d’éventuelles infrastructures selon la vocation attribuée à cette région. À propos du PDAU, le village de Tazemourt, nord Est du chef-lieu a été victime de sa vocation en 1990, et le wali est interpellé à ce sujet pour intervenir afin d’établir une dérogation. Comme son nom l’indique, ce village est peuplé d’oliviers et sa vocation est agricole. Nous ne pouvons pas construire de logements et ses habitants ne peuvent pas bénéficier de l’aide à l’habitat rural car confrontés au POS existant. Il s’agit d’un paradoxe ! Il y a une perspective qui existe, c’est celle de revoir le POS pour avantager ces habitants qui sont, je vous le répète, des victimes. Avec le taux de chômage galopant et toujours dans le cadre du PDAU, nous avons proposé un terrain sur la RN33 entre le barrage fixe de la gendarmerie vers la route menant à Taghzout pour une zone d’activité. Une zone d’activité s’impose pour pouvoir un tant soit peu répondre aux demandes des jeunes chômeurs. Il s’agit là d’une opportunité à ne pas rater pour absorber le taux de chômage. Prendre en charge la vocation de la région est un projet qui nous tient à cœur aussi bien dans le secteur agricole et touristique. Ces derniers weekends, les visiteurs redescendaient de Tikjda vers 23h. Des touristes qui avec l’enneigement de la route ont pu découvrir d’autres accès vers Tanagouth et Ighil Guefrane et sa célèbre source avec de la neige aux alentours.

Vous abordez le volet touristique avec des sites se trouvant sur le territoire de Haïzer. y a-t-il des routes pour accéder à ces endroits ?

Oui, nous avons réalisé de nombreuses pistes et chemins communaux, rien que pour 2016 et 15 pistes sont en cours de réalisation, sans compter celles finalisées auparavant. Le total s’élève à 29 pistes et chemins communaux, en plus de la réalisation du dédoublement de la RN33 sur une dizaine de kilomètres. Sur le plan de l’environnement et du nettoyage, nous estimons le taux de couverture à près de 70%, car nous avons un déficit en effectif, on ne peut pas quotidiennement affecter des agents à ces tâches, c’est quasiment impossible dans la situation actuelle. Toutefois, nous avons signé une convention avec une entreprise privée pour qu’elle se charge de ce volet spécialement.

Donc, vous rencontrez des contraintes qui freinent le développement ?

Oui, les contraintes sont multiples, personnellement en tant que premier magistrat de la commune de Haizer, en tant que militant et citoyen, je déplore le fait d’être confronté à la bureaucratie à tous les niveaux de l’administration, et ce en l’absence totale de la décentralisation. On nous demande ce que l’on veut et lorsqu’on exprime nos doléances, on nous répond par la négative. Je vous donne l’exemple de l’auberge de Slim, nous aurions aimé qu’elle soit implantée à Tanagouth, site touristique par excellence. Tout simplement un choix qui répond à la façade de la région qui se situe au nord. La Dent du lion, Tamda Ouguelmim Tala Guilef en passant par Tikjda est un circuit touristique qui permet de fusionner la wilaya de Bouira et de Tizi-Ouzou. Il faut donner une chance aux Algériens de découvrir la région. Mais la DJS a refusé l’implantation de l’auberge sur ces hauteurs prétextant l’absence d’électricité, de gaz…et aussi pour des raisons sécuritaires ! Alors que par l’implantation de cette auberge, nous aurions pu inciter les villageois de Tanagouth à rejoindre leurs maisons et redynamiser le secteur de l’élevage bovin, ovin et caprin dans la région. De ce fait, l’auberge a dû être décentralisée sur la RN33 à Slim !

La source de Tinzert qui jaillit au cœur du parc national du Djurdjura est sujette à un problème entre les villageois de Slim dépendant de votre municipalité et ceux d’El Esnam…

C’est au wali de prendre la décision, nous avons fait une sortie pour déterminer à partir de quel point d’eau cette localité doit être alimentée. Ce qui m’importe et ce qui importe les citoyens de cette localité c’est d’ouvrir le robinet et de voir l’eau couler. Que le captage soit fait, peu importe d’où l’eau provient du moment que l’eau soit potable.

Toujours concernant la localité de Slim, les habitants de ce village s’illustrent depuis quelques semaines en fermant la RN33 qui mène vers la station climatique de Tikjda. Avez-vous pris des mesures d’apaisement ?

Il s’agit d’un problème ayant trait au raccordement au gaz naturel qui n’a pas raison d’être. Les citoyens de Slim sont impliqués dans le raccordement de leur localité au gaz naturel et le projet est en cours. Ce qui me turlupine est de savoir qui les manipule ? Qui est derrière cette fermeture de route alors qu’ils sont au courant de la situation ? Pourtant nous les informons régulièrement de l’avancée des travaux. Le site Internet de la commune informe tous nos concitoyens sur les projets inscrits et en cours et le site est toujours mis à jour. Ces citoyens sont informés et largement impliqués dans ce projet sectoriel. Le réseau AEP et le gaz naturel sont actuellement en cours de réalisation. Les citoyens s’aperçoivent de l’avancée des travaux au quotidien. Nous sommes en pleine saison hivernale, nous avons donné la priorité à raccorder en premier lieu l’école primaire d’autant plus que les réchauds à gaz de ville sont installés dans cet établissement scolaire, nous avons pensé aux écoliers qui doivent bénéficier de cette énergie. L’entreprise est sur place et elle travaille, une fois l’école raccordée, le réseau continuera son tracé pour traverser le village de Slim. Les citoyens le savent. Je vous le dis, à l’origine il s’agit d’un litige qui existe entre deux voisins et je ne veux pas rentrer dans des conflits internes et ils ne doivent pas fermer la route pour perturber les touristes qui se rendent à Tikjda.

Entretien réalisé par Hafidh Bessaoudi

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