Après une période de crainte où les citoyens ont boudé les volailles, l’heure est au relâchement. Les choses semblent se tasser grâce aux discours appelant à l’apaisement. Si les autorités, via les médias, évitent d’affoler la population, celle-ci ne doit pas comprendre que le risque de contamination est nul et que les mesures préventives n’ont plus leur raison d’être. Au contraire, avec l’épizootie qui a atteint la France, nous sommes plus que jamais menacés. Sachant que le poulet cuit ne risque pas de les contaminer, beaucoup de nos concitoyens continuent de l’acheter, sans se soucier des recommandations des services d’hygiène. Ces derniers jours, les vendeurs de volailles ont déserté le marché de Michelet où, il y a peu, ils abattaient le poulet dans des conditions déplorables. Cependant, certains vendeurs ne semblent pas déroger à leurs habitudes puisqu’ils se rabattent sur les villages pour y écouler le poulet vivant, avons-nous appris. « Le poulet mis en vente en boucherie doit être enveloppé dans de la cellophane sur laquelle sera apposée une étiquette portant la traçabilité du produit » est une des dispositions prises par les pouvoirs publics pour prévenir la grippe aviaire. L’information fait défaut. Ce n’est pas en disant aux gens que « la grippe normale tue, chaque année, beaucoup plus de personnes que la grippe aviaire » qu’on se prémunit du virus H5N1. Il est vrai que les services de l’agriculture, à tous les niveaux, sont instruits de dresser quotidiennement des rapports concernant leurs constatations et observations des oiseaux sauvages. Lors d’une émission radiophonique, diffusée sur la chaîne d’une radio nationale, vendredi matin, une auditrice voulait savoir si elle risquait d’être contaminée par les œufs. La question est d’autant plus pertinente que ce produit semble oublié. S’il est recommandé de bien faire cuire la viande et les œufs, faut-il alors faire l’impasse sur la mayonnaise ? La réponse évasive du médecin n’a pas convaincu les auditeurs. Les consommateurs doivent savoir ce qui les menace dans leur vie, même si cela ne doit pas plaire aux producteurs de poulets et d’œufs. Il incombe à l’Etat d’aider ces derniers au cas où leur activité serait menacée. Mais personne n’a le droit de mettre en péril la vie d’autrui. Les services d’hygiène ainsi que tous les services concernés sont responsables de ce qui risque de découler de cette situation. Même si ces contrées reculées sont loin des yeux, leurs populations doivent, elles aussi, bénéficier des mêmes mesures de protection que celles des grands centres.
Nacer B.
