Handicapés cherchent assistance

Souvent lorsqu’on parle d’handicapés, notre attention est attirée par les handicapés moteurs. Nous pensons surtout à ceux qui se déplacent à l’aide de béquilles ou ceux qui font grâce aux fauteuils roulants. Les autres catégories, tout aussi mal loties, ne retiennent pas notre attention. Sans association à même de les prendre en charge, cette catégorie de citoyens est livrée à elle-même ou dépend d’âmes charitables. Habitués à leur présence, nous passons devant eux, indifférents à leur mal, comme s’ils faisaient partie du décor. On ne les remarque même plus. La maigre pension que leur alloue l’Etat par le biais des APC, est loin de répondre à leurs besoins. Malgré leur situation, la plupart d’entre eux, par décence ne tendent pas la main. Certains ont la chance d’avoir des fauteuils roulants « offerts par de braves gens », nous dira l’un d’eux, tandis que les autres attendent la disponibilité d’un frère ou d’un parent pour les sortir, un jour de beau temps. « Mon frère a besoin de la présence de quelqu’un pour le moindre de ses déplacements. J’ai une famille à charge, lui compris. Je travaille et je ne peux pas m’occuper de lui constamment », affirme ce jeune homme, parlant de son frère paraplégique. Pour la création d’une association, ils ont besoin de gens valides, ne serait-ce que pour les aider à grimper toutes les marches d’escalier des administrations pour constituer un dossier. Des guichets spécialisés, il n’en existe nulle part. Même les nouvelles constructions étatiques sont conçues pour les gens bien portants. Concernant les enfants, aucune structure spécialisée dans leur prise en charge n’existe à 50 kilomètre à la ronde. L’école la plus proche se trouve à Boukhalfa. Les parents s’en remettent à Dieu et attendent. Le problème des malades mentaux est encore plus complexe. Las de les retenir à la maison, certains parents les « abandonnent à la rue ». Ils errent du matin au soir, sous le froid et le soleil. Rien ne les dissuade de sortir. Ils deviennent le souffre-douleur des badauds qui leur jettent des pierres. Sales, cheveux hirsutes, ils déambulent à longueur de journée, dans une tenue en lambeaux qui ne couvre que le minimum de leur corps frêle. Si nous les voyons fouiller dans les poubelles, en quête de quelque chose à manger, c’est parce qu’ils sont tiraillés par la faim. Rares sont ceux qui les approchent, de peur d’être agressés, pour leur offrir un peu de nourriture. Beaucoup d’autres sont couchés, surtout des femmes. On évite, par pudeur ou par honte d’évoquer leurs troubles, même en famille. Les emmener chez un psychiatre serait reconnaître qu’ils sont « anormaux ». On ne consent, finalement à les diriger vers l’hôpital psychiatrique qu’après avoir rendu visite, mais en vain, à tous les guérisseurs et fait le tour des zaouïas de la région. Sous d’autres cieux, la prise en charge de cette frange de la société incombe à l’Etat. Ce qui se fait chez nous est insignifiant. Les 2000 dinars mensuels que leur octroie l’APC, ne suffisent même pas pour leurs déplacements. Les élus doivent penser, dans le cadre de leurs prérogatives à soulager ces citoyens de second collège.

Nacer B.