«La démocratie, la seule immunité»

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Lors du meeting organisé avant-hier au palais de la culture Mohamed Boudiaf d’Annaba, le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a décortiqué la situation du pays et défendu les différents aspects de son programme.

L’ex-ministre du Commerce a expliqué que l’Algérie a perdu plus de 70% de ses revenus en devise après la chute des prix des hydrocarbures, ce qui a mis le pays dans une situation «difficile», dira-t-il. Il a comparé la conjoncture actuelle à celle des années 80 : «À l’époque, on était endettés et on n’avait pas de réserve de change. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas, notre réserve de change dépasse les 100 millions de dollars et l’endettement extérieur est quasi nul. C’est ce qui nous permettra de tenir encore cinq ans sans problèmes», a-t-il affirmé. Cela dit, pour éviter à l’avenir une crise qui peut être dangereuse sur la stabilité du pays, M. Benyounès a plaidé pour des réformes qu’il a qualifiées de «difficiles» et «douloureuses». Toujours dans la même optique, il a soutenu que «tous les responsables politiques sont d’accord sur la nécessité de diversifier l’économie pour sortir de la dépendance aux hydrocarbures.» Pour le MPA, «la solution est économique», dira-t-il. Concernant le problème du chômage, le président du MPA a révélé que la solution est la création des entreprises. À ce propos, il a révélé : «Pour que l’Algérie soit dans les normes internationales, il lui faut plus d’un million d’entreprises.» Dans un autre sillage, le président du MPA a axé son intervention sur le secteur culturel. Il a regretté que ce dernier soit marginalisé dans le discours politique des responsables politiques lors de cette campagne électorale : «Un peuple sans culture est un peuple sans avenir», a-t-il souligné. Il a dressé un constat «navrant» de la situation culturelle dans le pays, à savoir l’absence des activités culturelles, le manque des bibliothèques et surtout la rupture entre le peuple et ces dernières ainsi qu’avec les autres structures de culture, notamment les salles de cinéma, les musées… Le premier responsable du MPA s’est engagé, si toutefois la population lui accorde sa confiance, à œuvrer pour l’augmentation de l’enveloppe du secteur, en assurant que «c’est une priorité pour le parti.» Une autre réforme qui semble tenir à cœur à Benyounès, sur laquelle il a longuement insisté en la qualifiant même de «la mère des réformes», est l’école et le système de l’éducation. Le MPA a plaidé pour la «continuité dans les réformes entreprises par le président de la République, conduites par le Pr Benzaghou. Il a revendiqué une école moderne, ouverte sur le monde, sur les sciences et les langues : «On veut une école qui forme des citoyens modernes et non des militants politiques», notera-t-il en appelant à libérer l’école des «querelles idéologiques.» Revenant au sujet des élections, Amara Benyounès a appelé au vote massif, en expliquant que «seule la démocratie peut immuniser le pays.» Dans ce sens, il a averti contre le boycott qui, selon lui, «peut être une ouverture sur l’instabilité.» Toujours dans le même sillage, Benyounès a déclaré que «le boycott mènera vers une impasse politique.» Il a estimé que la solution en démocratie ce sont les élections et le vote. Il a mis en garde contre la rue qui, dira-t-il, «mènera vers le KO.» Le président du MPA a appelé vivement à «préserver le pays» en optant pour la démocratie mais une démocratie apaisée qui est, rappelons-le, le slogan du parti pour cette campagne électorale. Il a rappelé le calvaire de l’Algérie dans les années 90 et a rassuré que la situation «ne sera jamais revécue.» Il a, en outre, évoqué la période du parti unique en s’adressant, dira-t-il, «a certains qui rêvent retourner à cette époque.» Il a expliqué que le parti unique a prouvé son échec partout dans le monde et qu’il est impossible de retourner à cette époque.» Benyounès a mis en garde également sur la régionalisation en rappelant : «Nous sommes tous des Algériens.»

Kamela Haddoum.

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