Les fans de la chanteuse kabyle Massa Bouchafa seront ravis d’apprendre que leur idole mettra bientôt en vente un nouveau CD qui viendra enrichir une discographie déjà riche d’une douzaine d’albums.
Après une absence qui aura duré près de trois ans, Massa Bouchafa revient avec un nouvel album de dix chansons. L’artiste y aborde ses thèmes préférés, telle la revendication identitaire avec «Aka inella our envedlara», «Nous n’avons pas changé. Nous demeurons des Imazighen bien que nous soyons des musulmans», disent les paroles, une allusion à ceux qui clament que l’islam nous a arabisés.
L’amour occupe également une bonne place dans le nouvel album. L’artiste évoque la séparation dans «Yedjayi», ou encore dans «khedbiyid» où Massa se fait le porte-parole d’une jeune fille qui brise un tabou et demande à son amoureux de la demander en mariage. La fête et la gaité sont également abordées, notamment dans «El Farh», où est exprimée la joie d’une mère de marier son fils.
Notons qu’un clip sur le thème de l’album est en cours de tournage, certaines séquences ont déjà été tournées entre Béjaïa et Tizi-Ouzou, particulièrement dans les régions de Boulimat, Aswel, Beni Ksila et kherrata. Retour sur le parcours de l’artiste Massa Bouchafa a vu le jour en 1964 à Aïn El-Hammam, au village d’Azrou Ililten niché au pied du Djurdjura.
Dès l’âge de six ans, elle entre dans la chorale du village et attire l’attention avec sa voix originale. Plus tard, c’est Taleb Rabah qui découvrira les charmes vocaux et les dons de la jeune Zaïna, et qui lui confirme en l’écoutant chanter, un jour au collège de Larbâa Nath Irathen, qu’elle a une belle voix très prometteuse.
Adolescente, elle intègre la prestigieuse chorale du lycée El Khansa de Tizi-Ouzou où elle suivait sa scolarité. Elle apprend le métier d’une manière autodidacte grâce à ses tournées successives dans toute la Kabylie. Mais c’est en 1987 que la carrière de Zaïna prend un important virage, quand elle rencontre Mhend Bouchafa, un jeune auteur compositeur qui voulait, lui aussi, se lancer dans la production artistique.
De cette rencontre naîtra une union à la fois conjugale et artistique et éclorera le nom artistique de Massa (madame en kabyle) Bouchafa. Mhend est un homme de culture et animateur de radio, auteur dramatique et compositeur de talent. C’est lui qui écrit, compose et produit les œuvres de sa femme.
Cette belle union amoureuse et artistique, qui dure depuis une trentaine d’années, a donné beaucoup de fruits, dont le répertoire artistique, riche et varié de Massa. Les thèmes diversifiés et l’interprétation, mêlant chant et danse, de Massa ont toujours séduit le public. Son premier album «Dda L Mouloud», qui lui a valu la reconnaissance de ses pairs et l’admiration de ses fans, est sorti en 1990.
Installée à Paris depuis 1994, Massa Bouchafa continue toujours à chanter et à faire chavirer son public sur les scènes françaises, européennes et mondiales. Mais elle n’oublie pas celles de l’autre rive de la méditerranée qu’elle traverse chaque année pour retrouver les siens et son public algérien. L’exil ne l’arrête pas, au contraire.
Cet éloignement physique n’entame en rien son attachement indélébile à sa culture et à son identité berbère qui l’inspirent plus que jamais. Rappelons que le répertoire de Massa Bouchafa comprend 99 chansons réparties sur 12 albums.
A. O. T.

