Point du jour – La France, le 8 mai 1945 on y pense

S. Ait Hamouda

Le 8 mai 1945 c’était un jour pas comme les autres. Un jour particulier. Un jour où la justice française bégayait. Un jour où les Algériens pensaient avoir le droit de sortir dans la rue pour exprimer leur joie, leur attente des promesses françaises. Mal leur en a pris. La France n’a pas seulement tenu sa parole, pire, elle s’est pourfendue en bain de sang contre les Algériens. Ce jour-là la France s’est montrée dans son vrai visage de colonisateur patenté. De Gaulle avait ordonné de tuer tous les adversaires de la seule voix qui semblait détonner du reste. Kateb Yacine, un jeune lycéen, a failli être fusillé. Il a rencontré des compatriotes en prison et en même temps la révolution. «Tu as ta révolution M. Kateb», lui lança sa maîtresse. Il est des choses que le 8 mai 1945 ne raconte pas. Sétif, Guelma, Kherrata et d’autres villes et villages d’Algérie où les fours à chaux fonctionnaient pour rappeler les fours des pogroms des Juifs, de triste mémoire. Aujourd’hui, on se retrouve à la même aune, de ne pas reconnaître le crime contre l’humanité, plus, de faire accroire à l’action civilisatrice de l’hexagone. Que Macron puisse soutenir que la colonisation n’était pas ce qu’elle croit être et tous les proches des occupants se soulevèrent pour rabrouer ce qu’a dit Emmanuel. Au tout début, Bachir Boumaza qui avait fondé la fondation du 8 mai 1945, insistait sur la reconnaissance par le colonisateur de ses exactions, il n’en fut rien. Certes François Hollande a reconnu du bout des lèvres cette cause, ensuite Emmanuel Macron qui, lors de sa dernière visite en Algérie, a révélé ce qu’il pensait de l’occupation du pays, mais en vain. Nous pensons, quoiqu’il en soit, que la France n’avait rien de civilisatrice. Elle fut sauvage. Elle fut inique. Elle fut farouche et dans tout cela elle ne reconnait rien à ses exactions. Elle ne saura pas grand-chose de ses tortures, de ses déportations, de ses «enfumades», de ses «emmurades», de ses tueries et elle se dit qu’elle nous a accordé le statut de citoyens… de seconde zone.

S. A. H.