S. Ait Hamouda
L’artisanat et le tourisme procèdent de la même organisation. Ils se mesurent à l’aune de la créativité, du génie et du savoir-faire d’un peuple. Ça fait partie de la mémoire matérielle et immatérielle, de la mise en valeur du patrimoine national de tout pays qui se respecte. Le tourisme est, d’abord, la mise en vitrine d’un pays avec tout son ensemble historique et ensuite culturel.
La littérature, le théâtre, la musique, la peinture et l’artisanat, en l’occurrence, tous les métiers que l’Homme maîtrise, à savoir la bijouterie, la menuiserie, la dinanderie et tutti quanti. Mais comme le tourisme et l’artisanat sont tellement interdépendants et l’un ne peut marcher sans l’autre, si l’un n’est pas performant, l’autre le suit et enregistre les mêmes contre-performances.
L’on peut enregistrer des progrès dans l’artisanat et un recul dans le tourisme, c’est rare, mais quand même faisable, dans la mesure où l’on perd de vue la dépendance d’une donnée vis-à-vis de l’autre. L’artisanat tient de la normalité, entretenue entre ce qui se fait depuis les temps immémoriaux à nos jours, et qui ne change pas, il est fidèle aux genres séculaires tels qu’ils ont existé depuis que le monde est monde.
La 9e édition du Salon de l’artisanat, ouverte hier à Tizi-Ouzou, démontre si besoin est, le recul, et le suivisme de nos artisans par rapport au passé. La tapisserie, la bijouterie, la poterie, ont montré un état de perdition inimaginable de ces métiers. N’est-ce pas que c’est une démission de l’artisan qui laisse tomber son métier pour le pervertir à ce point avec des apports étrangers ? Il est des artisans peu scrupuleux des règles qui régissent leurs métiers et qui s’adonnent au plagiat sans tenir compte que le bijou d’Ath Yenni, le tapis d’Ath Hichem, ou la poterie de Maâtkas ou d’Ath Khir n’ont absolument rien à envier aux produits d’outremer ou de nos voisins.
Et l’on se demande pourquoi les touristes désertent certaines régions de notre pays. Il en va pour notre tourisme, comme de notre artisanat, ils ont besoin l’un et l’autre de rigueur, de savoir faire et d’un cahier des charges scrupuleusement fidèle aux canons de ce qui se faisait chez-nous depuis la nuit des temps.
S. A. H.
