Après une longue et douloureuse mainmise idéologique sur les mosquées et alors qu’elles semblent maintenant revenir petit à petit à leur vocation originelle, c’est-à-dire prier Dieu, rien que Dieu, voilà que l’intégrisme se rabat sur le “prêche de proximité”. Une démarche qui, bien entendu a toujours été le point fort de l’islamisme. Mais là où l’islamisme post-réconciliation nationale innove c’est la discrétion dans la proximité. Il opère à distance sans se montrer : il laisse la rue se charger de colporter son “information” et les idées moyenâgeuses qu’elle suggère. C’est de la proximité distante. Ce fameux CD qui circule depuis quelques temps à Bouira, mais ailleurs aussi, en est la preuve. Le compact disc en question montre les images du cadavre d’un jeune homme, une vingtaine d’année qui, quelques heures après sa mort, présentait des tuméfactions sur sa dépouille, logiquement inexpliquées. Le “film” est bien sûr saupoudré de sermon et… d’explications et spéculations théologiques. Le CD n’est, en fait, que le “to be continued” de la saga des prospectus et autres dépliants distribués gratuitement et gracieusement, l’année dernière aux alentours des établissements scolaires par des vaguemestres intégristes. Ces documents, pour rappel, contenaient une série de commandements religieux à respecter, faute de quoi…La proximité et la distance dans tout cela ? En fait, aucun islamiste ostentatoirement identifiable ne se risque à distribuer franchement ces supports intégristes auprès du commun des citoyens. C’est à chaque fois ce, justement, commun des citoyens qui assure le relais, non sans toucher un maximum et garantir une certaine crédibilité. L’innovation est aussi dans le support. Terminés les halaqat et autres manuscrits. C’est carrément l’ingéniosité de Bill Gates qui est mise à contribution. Ce qui, en filigrane et inconsciemment, laisse supposer que les élucubrations intégristes sont tout ce qu’il y a de plus cartésiens et de sérieux.
T. O. A.
