Malgré toute son importance et l’ingéniosité de l’idée, le concours Aïssat Rabah du village le plus propre de la wilaya ne semble toujours pas susciter l’adhésion. Seuls 78 villages postulent pour la cinquième édition.
En effet, ce concours, initié en 2007 par le défunt ex-président de l’APW Rabah Aïssat, ne draine toujours les villages. En 2007, le nombre de villages ayant participé n’était que de 39. Ce nombre a timidement augmenté lors de la deuxième édition mais finira vite de se stabiliser autour de 70 villages. Cette année encore, même si le chiffre progresse de sept unités pour atteindre les 78 villages, le compte est toujours loin des espérances. Un chiffre peu éloquent vu le nombre de villages que compte la wilaya de Tizi-Ouzou, qui est, faut-il le rappeler, autour de 1600. Pourtant, la procédure de participation a été facilitée, et aucun dossier n’est exigé. Il suffisait d’une simple demande et d’un formulaire à retirer auprès de l’APW. Il y a lieu de signaler que le nombre de villages qui seront primés lors de cette 5e édition a été revu aussi pourtant à la hausse. Il passe, ainsi, de 6 à 8 villages. À préciser que même le ministre de l’Environnement et des Ressources en eau a, lors de la cérémonie de remise des prix de la 4e édition, pris l’engagement de primer tous les villages participants. Trouvant l’idée géniale, il a pris l’engagement de l’élargir au niveau national. «La wilaya de Tizi-Ouzou est sur la bonne voie. L’idée de ce concours est géniale pour préserver l’environnement et nettoyer nos villages. Nous allons primer tous les villages participants à la prochaine édition, et nous ferons en sorte d’élargir ce concours à l’ensemble du territoire national. L’implication des comités de villages, la société civile, toute entière, est primordiale pour protéger la nature», avait-il alors déclaré. Le ministre avait même conseillé de lancer le tri sélectif et la récupération des déchets, pour la création de l’emploi et de la richesse. Mais la question, qui s’impose, est toute simple : pourquoi le concours ne décolle toujours pas ? Un concours où,; pourtant, tout est à gagner. Serait-ce un manque de sensibilisation des promoteurs du concours sensés assurer la continuité de l’idée et la vulgariser chaque saison d’avantage ? Les comités de villages sont-ils suffisamment sensibilisés sur l’importance du concours ? Il faut aussi se demander si tous les villages sont organisés et dotés de moyens, pour nettoyer et embellir leurs rues respectives. Ou alors s’agit-il de l’insouciance, de l’incivisme, de l’indifférence et de la démobilisation de la part de la société civile ?
Les assises sur l’environnement, un événement sans suite…
Ayant constaté que le manque d’hygiène au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou, bien avant, Merad, l’ex-wali le précédant, Bouazgui Abdelkader avait initié aussi des assises sur l’environnement, à travers toutes les communes de la wilaya. L’idée étant fort intéressante, puisqu’il s’agissait surtout de sensibiliser toute la population sur la protection de l’environnement et de la nature. Les APC, les comités de villages, les comités de quartiers et les associations activant dans le domaine ont tous participé aux réunions, des doléances ont été exprimées et même des opérations de volontariat ont été organisées à travers plusieurs localités. Redonner à la wilaya son label de propreté était un slogan sur toutes les lèvres. Mais les mesures d’accompagnement n’ont pas suivies. Les assises n’ont eu comme effet qu’un coup d’épée dans l’eau. Le wali lui-même l’avait reconnu : «les assises n’ont pas réussies et n’ont pas atteints les objectifs attendues». Il faut aussi rappeler que les communes ne sont pas dotées de moyens pour assurer une collecte ménagère régulière et efficace. Le tri peine toujours a être généralisé, hormis quelques rares villages et quelques rares quartiers au niveau du chef lieu de wilaya, tout le reste ne semble pas pressé pour lancer l’opération. L’inscription et la réalisation de nouveaux centres d’enfouissement techniques et de nouvelles décharges contrôlées n’est pas à l’ordre du jour depuis la crise économique. La dotation des APC en moyens humain et matériel n’a pas suivi. La récupération et la transformation des déchets ne sont pas encouragées. En bref l’état des lieux est resté presque tel qu’il était. Du coup la wilaya reste toujours sale. Les décharges sauvages foisonnent à travers la quasi-totalité des régions, le foisonnement des détritus bat son plein. Même le chef lieu de la wilaya n’est pas épargné, malgré les gros efforts déployés par l’infatigable équipe de l’EPIC de Tizi-Ouzou à laquelle toute la municipalité s’accorde à rendre hommage. En dehors, Les sachets noirs, les bouteilles vides, les cannettes agressent toujours la vue et la nature. Et les exemples ne manquent pas malheureusement, il suffit juste de faire une randonnée dans n’importe quelle région de la wilaya pour avoir des preuves plein les yeux. Que faire pour redonner à la wilaya son label de propreté ? Une question à laquelle les professionnels sont invités à répondre et à chacun de faire le nécessaire pour dépoussiérer Tizi Ouzou.
Historique du concours : L’idée ne peut-elle pas survivre à son initiateur ?
Le concours a été lancé en 2007 par l’APW de Tizi Ouzou, à sa tête alors le défunt Aissat rabah. Lors de la première édition, 39 villages ont participé. Le village de Zouvga (Illilten) a gagné la première place et celui de Takhlidjt (Abi Youcef) la seconde place. Puis, le concours a connu une interruption de 5 ans avec l’intronisation du RCD aux destinées de l’APW. En 2013, avec le retour du FFS aux affaires de l’APW, le concours a été réactivé et le nombre de villages participants était de 39 et 12 APC. Quatre Villages ont été primés, il s’agit respectivement de Zouvga (Illilten), Takhlidjt (Abi Youcef), Ait Khelifa (Abi Youcef et Ait Zellal dans la commune de Souamaa. Un prix de 5 millions de dinars a été attribué à chaque village lauréat. Les deux APC primées à savoir Azzefoun et Tigzirt ont eu une enveloppe de 10 Millions de dinars chacune. En 2014, le nombre de village ayant participé à augmenté de près de la moitié pour atteindre le nombre de 62 villages et 11 APC. Igerssafen, (Idjer), Tizi Oumalou (Abi Youcef), Souamaa commune de Souamaa et Ait Ouabane dans la commune d’Akvil ont été primées. Une cagnotte de 5 millions de dinars a été décernée à chaque village lauréat. Concernant les APC, c’est la commune de Draa Ben Khedda et de Tigzirt qui ont émergé du lot et qui ont gagné chacune une subvention de 10 millions de dinars. Pour la 4eme édition de 2015, l’APW a décidé de consacrer le concours uniquement aux villages. Le nombre de lauréats est augmenté à 6. Timizart de Sidi Mansour dans la commune de Timizart à remporté le premier prix (8 millions de dinars), elle est suivie du village Tazrout de la commune d’Abi Youcef (7 millions de dinars). En 3eme position on retrouve le village d’Ouardja dans la même commune de Abi youcef (6 millions de dinars), le 4eme prix de 5 millions de dinars est revenu au village de Tazrout dans la commune de Bouzeguene. La 5eme place est attribuée au village de Tigzirt relevant de la commune des Ath Yenni et enfin le village de Tabouda a occupé la 6eme place et s’est octroyé le prix de 3 millions de dinars. À la 4e édition de 2016, 73 villages ont participé au concours. Les villages lauréats étaient au nombre de 6. Boumessaoud dans la commune d’Imsouhal, a remporté la première place et s’est vu attribué une subvention de 8 millions de dinars par l’APW et un autre montant de 10 millions de dinars par le ministre de l’environnement Abdelkader Ouali. Le 2e village, Aourir dans la commune d’Akbil a eu la somme de 7 millions de dinars. Bouane dans la commune d’Idjer, le 3e village propre a eu 6 millions de dinars, Ait Adela a réussi à gagner la 4e place et s’accaparer de la somme de 5 millions de dinars. Boudjelklil d’Irdjen s’est vu classé 5e et a eu 4 millions de dinars. Le village d’Ait Izid dans la commune de Souk El Tenine a été classé 6eme avec une enveloppe de 3 millions de dinars. Il est à signaler que lors des sorties sur le terrain la commission attribut des notes sur tout ce qui a trait à la propreté des voies et places publiques, les sources et les fontaines, les cimetières, les lieux de culture et les monuments et aussi la gestion des déchets.
G Arezki.

