M'Chedallah – Environnement, mais qui s’en soucie ?

La spectaculaire prolifération de meutes de chiens errants, en parallèle à celle de la multiplication de dépotoirs et décharges sauvages d'ordures, tant ménagères que celles provenant de diverses activités commerciales, sont deux phénomènes qui vont de paire, et qui sont largement répandus dans toute la région de M’chedallah.

Ils n’épargnent aucune des six communes de la daïra, et ce, du fait qu’aucune de ces municipalités n’a arrêté un programme de prise en charge fiable, sinon de rares actions sporadiques destinées beaucoup plus à calmer l’opinion publique, qui se fait de plus en plus pressante, notamment en saison estivale, période durant laquelle les multiples retombées négatives de ces fléaux se font quotidiennement ressentir de diverses manières. En effet, les amoncellements d’ordures de divers types envahissement les moindres espaces, tant à l’intérieur des centres habités qu’en bordure des routes ; les lits et les berges des cours d’eau ne sont pas épargnés non plus. Ainsi les oueds Ouakour, Sahel et Aghbalou sont devenus les réceptacles de toutes sortes de déchets. L’on peut citer aussi le cas des RN 15 et 33 dont les abords sont envahis par les ordures et autres gravats. En fait, ces féaux décriés par tout le monde trouvent leur origine dans l’incivisme des citoyens, qui se débarrassent des encombrants déchets ménagers ou commerciaux par n’importe quel moyen. Un comportement peu civique certes, mais dont la cause reste le dysfonctionnement du système de collecte et de prise en charge de ces ordures, mis en place par les communes. Celles-ci, faut-il le souligner sont confrontées à un manque flagrant de moyens tant humains que matériels. À cela s’ajoute un manque de suivi et la défaillance de gestion sur le terrain. Cela concernant le premier fléau, le second étant celui des bêtes errantes, des meutes de chiens sans maîtres qui infestent elles aussi le moindre espace, tant au niveau des centres urbains qu’autour de ces dépotoirs sauvages, où elles trouvent gîte et nourriture. Un cas aggravé par la défaillance du mécanisme d’abattage mis en place par les services étatiques à travers un calendrier officiel. À M’chedallah, il ne se passe pas une semaine sans qu’un cas d’agression de citoyens par ces bêtes errantes ne soit signalé aux services de la prévention, relevant du secteur de la santé publique. Pour rappel, depuis le début de l’année en cours, plusieurs cas de morsures par des chiens errants avaient été signalés à Ath Hamad, Tamourt Ouzemour et Raffour. L’une des victimes, un enfant d’Ath Hamad âgé de six ans, a perdu la vie après s’être fait mordre par un chien visiblement enragé. Autre conséquence, ces bêtes errantes, qui sont non seulement des vecteurs de plusieurs maladies graves transmissibles à l’homme tel que la rage, la gale ou la leishmaniose, répandent aussi sur leur passage des parasites qui atteignent les cheptels, tels les puces, pucerons et tics. Un troisième fléau et pas des moindres, qui mène la vie dure aux citoyens du fait d’être aussi mal pris en charge, est celui des mouches, moustiques et diverses espèces d’insectes rampants ou volants, dont la plupart se reproduisent à proximité des rejets d’assainissements et des lits d’oueds pollués. Des insectes qui prennent d’assaut les habitations dès le début de la chaleur, qui s’étale sur une bonne moitié de l’année. Ces cas relatés appellent à une réorganisation totale des mécanismes de gestion, et de prise en charge de ces fléaux aux multiples retombées nuisibles et directes sur la santé publique.

Oulaid Soualah