Comme décidé lors de sa dernière réunion, l’intersyndicale autonome de la fonction publique a organisé récemment une journée d’étude sur le pouvoir d’achat.
Cette journée d’étude a été animée par les experts du monde du travail. Il s’agit, pour rappel de la troisième journée d’étude organisée par l’intersyndicale, après celles consacrées à la retraite et à l’avant-projet de code du travail. «Cette journée d’étude entre dans le cadre des actions de l’intersyndicale. Le pouvoir d’achat fait partie des revendications du front syndical», nous a expliqué le porte-parole du conseil des lycées d’Algérie (CLA). Selon lui, «cela fait trois ans que le pouvoir d’achat ne cesse de diminuer. Sur cette période il s’est réduit à 30%». Les experts et spécialistes en droit et sécurité sociale, qui ont animé cette journée d’étude, affirment que «les salaires en Algérie sont très bas». Selon la même source, dans la plupart des pays dans le monde, la part des salaires dans le PIB est supérieure à 50 %, atteignant même 75 % pour certains d’entre eux, alors que pour l’Algérie elle est à peine égale à 27,0%. «Même dans les pays voisins, où le ratio PIB/habitant est inférieur à celui de l’Algérie, la part des salaires dans le revenu national est supérieure à celle de l’Algérie et dépasse les 30 %», estime M. Nourredine Bouderba, ancien syndicaliste et expert des questions sociales. «En Algérie, les salaires sont très bas et les transferts sociaux, dont les subventions, jouent un rôle important dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté», a-t-il encore indiqué. Selon lui, «c’est une composante majeure de la protection sociale des populations, car les prix internationaux élevés pour la nourriture, l’énergie et les soins sont hors de portée des revenus de la population». Une enquête de l’ONS (office national des statistiques) sur «les dépenses de consommation et le niveau de vie des ménages – 2011 », a estimé le nombre des travailleurs salariés à 6,7 millions, dont 49,8 % employés dans le secteur privé. Selon les résultats de cette enquête, le revenu salarial net moyen des travailleurs (tous secteurs confondus) s’élève à 36 000 DA. L’analyse des résultats de cette enquête montre que le salaire mensuel médian était estimé à 24 468 DA. Ce qui signifie que la moitié des salariés algériens, soit 3,35 millions, avaient un salaire inférieur à 1,6 fois le SNMG. La même enquête démontre que 5 470 000 travailleurs (tous secteurs confondus), soit 82 % du total des salariés, touchent moins de 40 000 DA par mois. Or, selon une enquête menée par l’UGTA durant la même année, une famille avec 4 enfants avait besoin de 40 000 DA / mois pour subvenir à ses besoins vitaux. Elle démontre également que le salaire moyen de 2 409 000 travailleurs d’exécution du secteur privé (60,3 % des travailleurs du privé) s’élève à 18 100 DA. Ce qui ne représente que 1,2 fois le SNMG et à peine 55 % la valeur du PIB/habitant. Elle montre aussi que 1 043 000 travailleurs (soit 15,6 % du total des salariés) perçoivent moins de 15000 DA, c’est-à-dire moins que le SNMG.
L. O. CH

