À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la drogue, coïncidant annuellement avec le 26 juin, la sûreté de la wilaya de Tizi-Ouzou a concocté un riche programme pour lutter contre ce fléau qui prend, hélas, des proportions alarmantes.
En effet, le programme tracé consiste en plusieurs volets (culturel, sportif et scientifique). À ce titre, un tournoi de foot, qui a débuté il y a plusieurs jours, a été organisé au profit de l’équipe de football de la sûreté de wilaya et plusieurs équipes des quartiers de la ville des Genêts. Hier, la cellule de communication et l’équipe chargée des relations publiques de la sûreté de Tizi-Ouzou ont tenu une rencontre, au théâtre régional Kateb Yacine, pour aborder, dans les détails, la stratégie nationale de lutte contre la drogue mise en place depuis 2004. Lors de cette rencontre, les intervenants ont insisté sur l’importance de la collaboration entre les différents services et surtout sur le travail de sensibilisation, de coordination et la mise en place de cellules d’écoute en vue d’orienter les jeunes victimes et les extraire de ce fléau. Une table ronde y a été ensuite animée conjointement par un cadre de la sûreté de wilaya, Nabil Mokhtari, un psychiatre, un représentant de la santé publique et le directeur du théâtre régional Kateb Yacine. Un débat s’en est suivi entre les conférenciers et le public présent dans la salle. La commissaire principale chargée de la cellule de communication, Temar Djamila, que nous avons rencontrée en marge de la conférence, indiquera à propos des objectifs assignés à cette rencontre : «Cette activité entre dans le programme tracé par nos services, d’une part, pour marquer l’événement et, d’autre part, pour être en contact direct avec le citoyen et la société civile en général. Nous tenons plus que tout à faire un travail de sensibilisation, de prévention et de transmettre le message pour combattre ce phénomène qui prend des proportions alarmantes. Nos services sont là et présents sur le terrain afin de combattre ce fléau».
La drogue par les chiffres
Les chiffres enregistrés par les services de la police au niveau national en matière de stupéfiants et des substances psychotropes depuis l’année 2013 à ce jour, montrent que le phénomène est assez répandu. En 2013, les services de sécurité à travers le territoire national ont saisi plus de 40 tonnes de cannabis. En 2014, la quantité saisie a presque doublé, passant à plus de 69 tonnes saisies. En 2015, la quantité a baissé pour revenir à 41 tonnes. En 2016, le chiffre a encore baissé presque de la moitié. Il était de 25,6 tonnes. Pour les cinq premiers mois de l’année en cours, le chiffre est de 3,6 tonnes. Concernant la saisie des drogues dures comme l’héroïne, les quantités saisies ne sont pas importantes puisque la plus grande quantité remonte à l’année 2015 avec 2,5 kilos. En matière de cocaïne, les services de sécurité ont mis la main sur 11,9 kilos en 2016. Au sujet des substances psychotropes, les chiffres sont ahurissants puisqu’ils se comptent en centaines de milliers. En 2013, 838 922 comprimés ont été saisis. Durant les cinq premiers mois de l’année en cours, 350 299 comprimés ont été déjà saisis. Le nombre d’affaires traitées en 2013 est de 10 104, lors desquelles 13 213 personnes ont été interpellées. En 2016, le nombre d’affaires traitées a augmenté pour atteindre 26 288 et le nombre de personnes interpellées est de 31 606. Pour les cinq premiers mois de l’année 2017, 11 446 affaires sont traitées et 14 493 personnes interpellées.
H. T.

