AOKAS Centre culturel Rahmani Slimane – La violence en milieu universitaire vue par les enseignants

La violence dans les universités a été le thème choisi par le café littéraire d’Aokas pour organiser, avant-hier au centre culturel Rahmani Slimane de la localité, une conférence. Les enseignants universitaires Mahrez Bouiche, vice-président de la ligue des droits de l’Homme (aile Benissad) et Abdelmalek Azzi, coordinateur national du conseil national des enseignants du supérieur (CNES) ont, près de deux heures durant, tenté d’apporter leurs visions sur la thématique du jour, devant une assistance composée majoritairement d’enseignants et étudiants de l’université de Béjaïa. L’enseignant en philosophie, Bouiche, premier à intervenir, dissertera autour de l’aspect juridique de cette violence qui gagne du terrain de plus en plus bien qu’elle existe, faut-il le souligner, depuis belle lurette. Pour celui-ci, ‘’il faut dissiper cette violence en trois éléments essentiels et se mettre à l’évidence que l’université algérienne évolue dans un contexte purement algérien, donc ayant subi un changement énorme par rapport aux années précédentes’’. Pour étayer ses propos, il citera des cas d’assassinats et d’agressions ayant eu lieu au niveau des différentes universités algériennes, telles que celles de Mostaganem, Alger, Msila, Blida et Adrar, entre autres, et cela depuis deux décennies au moins. Pour justifier la tenue de la conférence du jour, il citera le denier assassinat au niveau de la corporation universitaire lequel a eu lieu à Khemis Miliana, il y a quelques semaines. En s’étalant sur le sujet, l’orateur parlera des différentes formes de violence, dont, la déchirure des formations politiques et autres institutions étatiques et avancera que l’héritage traditionnel a fait de la violence ‘’un mécanisme de gestion’’. D’ailleurs, soulignera-t-il, l’individu découvre la violence comme un mode de socialisation lequel engendre une mentalisation. Il reprendra, dans son discours, quelques sociologues qui ont argué que la violence institutionnalisée est comme un système de gestion : elle est exercée pour préserver la hiérarchie. Il parlera également de facteurs endogènes et de l’islamisation de l’université et dira, en conclusion, que toute personne exerçant la violence la subit en même temps, c’est-à-dire que l’être est acteur et victime en même temps. De son côté, Abdelmalek Azzi apportera, en sa qualité de syndicaliste, un témoignage des différentes violences enregistrées à travers les universités algériennes. Il dira, par conséquent, que la violence est liée, tout le temps, à la corruption. Elle peut, également, être liée aux résultats des examens. Généralement, les mouvements de protestation ne sont pas considérés comme une forme de violence, hormis quand des hordes d’étudiants-voyous, qui servent d’intermédiaires entre l’administration et les fournisseurs, moyennant bien sûr des intérêts financiers et autres, sont impliqués dans ces actions. Il citera le cas de l’assemblée générale élective du syndicat des enseignants à l’ENS de Kouba qui a été perturbée par des étudiants «Baltaguias» qui ont accompagné les agents de sécurité chargés par l’administration d’interdire cette réunion. Pour ce coordinateur des enseignants universitaires, la violence est généralement utilisée contre les syndicalistes et souvent ces cas de violence sont liés à la corruption. «Et, conclura-t-il, lorsque l’administration n’est pas complice, elle laisse faire». En parlant de corruption et autres irrégularités constatées, il citera le cas des enseignants universitaires partis exercer en Arabie saoudite, mais qui ont été parallèlement payés en Algérie. Après ces deux interventions, un débat riche ponctué par des questions pertinentes a eu lieu. Bien avant d’entamer la conférence, l’assistance a été invitée, par Mouloud Tayakout, vice-président de l’association Azday Adelsen n’Weqqas, organisatrice de l’événement, à observer une minute de silence à la mémoire de la femme de culture et animatrice du café littéraire de Béjaïa Dyhia Luiz, Aouzelleg Louisa de son vrai nom, ravie à l’affection des siens mardi passé. Par ailleurs, continuant sur sa lancée, le responsable de l’association lancera un appel aux autorités pour sauver les chauves-souris menacées par certains énergumènes qui ont violé l’arrêté communal les protégeant, en défonçant le grillage mis du côté de la grotte leur servant de refuge, pour squatter cet espace pour quelques jours de vacances en plein air. Les autorités n’ont-elles pas fait le constat ? Une question revenue, sans cesse, parmi les présents. En effet, par arrêté communal, ces chauve-souris, vivant au niveau des grottes d’Aokas, sont protégées, mais voilà que depuis la fin du mois de Ramadhan, des pseudo-touristes ont ôté la clôture de grillage, afin de s’introduire à l’intérieur de la grotte pour en faire leur lieu d’hébergement.

A Gana.