C’est Salem, notre correspondant à Boghni qui attira notre attention sur ce fait. Il y avait aussi plus de femmes que d’hommes dans toutes les rues. Devant le Bâtiment bleu, un jeune propose des roses à 30 dinars. La grande Rue est difficilement praticable au vu du monde fou qui la traverse depuis pratiquement 8 heures du matin. Le théâtre Kateb Yacine, la Maison de la culture et la médiathèqus sont bondés de jeune filles. La fête est perceptible. C’est devenu une tradition, on fête la Journée internationale de la femme davantage que n’importe quelle autre occasion. Pourquoi autant d’intérêt à cette journée ? Pour S. B, une femme d’une trentaine d’années, le 8 mars symbolise une date-combat pour plus d’acquis et de libertés. « C’est aux côtés de l’homme et, à égale mesure, que la condition féminine trouvera son salut. La présence de la femme dans différents secteurs d’activité renseigne sur l’avancée de la lutte des femmes, bien que des insuffisances restent à déplorer ». Kahina estime que « la femme rurale ainsi que la femme au foyer souffrent et les organisations féminines se doivent de penser au sort de cette catégorie. On ne se rappelle de la femme que le huit mars alors que la question exige un combat permanent et de tous les jour ». Souad, jeune journaliste est virulente dans ses propos. Elle est contre cette fête : « Soit c’est pour toute la vie mais si c’est une reconnaissance d’une demi-journée, je n’en ai pas besoin ! »Les jeunes Tizi-Ouzéennes circulaient en groupes. Il y avait également des couples qui passaient bras dessus bras dessous. Une chose peu courante également ici. A midi, la Maison de la culture était carrément envahie par des centaines de femmes. Un spectacle et une pièce de théâtre étaient au programme de l’après-midi dans la grande salle. Mais il était prévisible que toute cette foule ne pouvait avoir accès à cette salle qui, à tout casser, peut contenir 800 personnes. En matière d’animation artistique, la Maison de la culture est le seul établissement à avoir programmé une animation à l’occassion de la Journée internationale de la femme. Dommage, car il aurait été souhaitable qu’un grand spectacle soit programmé à la salle omnisports Said Tazrout, compte tenu du nombre de personnes drainées par cette fête. Peut-être qu’avec la nomination récente d’un nouveau directeur de la culture, il sera procédé à la construction d’une nouvelle salle de spectacles suffisamment spacieuse pour permettre d’accueillir des milliers de personnes. Dans le cadre de cette journée, le centre hospitalo-universitaire Nedir-Mohamed a choisi de marquer à sa manière cette date, en organisant une journée d’étude sur la maladie du cancer. De son côté, la maison des droits de l’Homme et du citoyen de Tizi Ouzou a programmé une exposition à l’Institut des langues étrangères : photos, livres, revues, articles et conventions internationales relatives aux droits des femmes. Elle organise aussi des conférences à la cité de jeunes filles de M’douha sous le thème : les droits des femmes, un combat universel. Les communications seront animées par Mohand Ouali Ait Yahia (coordinateur de la MDHC et membre du comité directeur de la LADDH) avec la distribution d’exemplaires de la convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, adoptée en 1979, entrée en vigueur le 03 septembre 1981 et ratifiée par l’Algérie le 22 janvier 1996.
Aomar Mohellebi
