Draâ El-Mizan – Les sources d’eau prises d’assaut

Bien que la distribution de l’eau potable soit assez appréciable depuis la mise en service du barrage de Koudia Tassardounte, en 2010, il n’en demeure pas moins que toutes les anciennes sources de la localité de Draâ El-Mizan connaissent un rush quotidien des habitants de la localité, mais aussi des bourgades limitrophes. A rappeler que presque toutes les sources de la localité ont connu des aménagements notables. Ainsi, à l’Ouest de la ville, sur la RN68, Thala Frasse et Thala Bechar, qui viennent de connaître un nouveau look, sont prises d’assaut durant toute la journée et durant une grande partie de la nuit. «C’est évident, lorsqu’il y a peu, on se suffit de ce que l’on a, mais lorsqu’il y a abondance, on choisit la meilleure source. C’est pareil pour nous, avant l’eau manquait et on se contentait de l’eau du robinet, mais maintenant que l’eau du barrage de Koudia Tassardount est présente quasiment 24h/24, nous trouvons que sa qualité n’est pas à notre goût, puisque nous avons, avec la réhabilitation des anciennes sources, une eau de meilleure qualité (…)», déclare un jeune père de famille tenant deux bidons de cinq litres. Cependant, certains citoyens rencontrés au niveau de cette première source n’ont pas caché leur colère quant à «la longue attente qu’ils endurent», malgré l’existence de pas moins de trois robinets : « (…) Certains ne se gênent pas d’apporter avec eux de nombreux jerricans de vingt ou trente litres, alors que cette eau de source doit uniquement servir pour la consommation», se plaignent deux amis de Tizi-Gheniff qui devaient patienter plus d’une heure, pour pouvoir remplir leurs bouteilles, sachant que devant eux étaient alignés des dizaines d’autres jerricans, bidons et autres bouteilles en plastique. Au niveau de Thala Frasse, située à l’entrée du village de Boufhaima, il n’y a pas beaucoup de monde. «Les gens croient que l’eau de cette source provient d’un grand barrage et qu’on peut en prendre toutes les quantités désirées, alors que c’est faux», déclare un retraité du village, tout en ajoutant que le débit de cette source n’est pas assez important comparativement à celui de Thala Bechar et que si l’eau coule lentement des robinets, c’est que la bâche à eau, qui vient d’être réalisée, est presque vide. Au demeurant, en ville, l’eau de la fontaine Les pins est déconseillée à la consommation, comme celle située plus bas, en face de la maison de jeunes Mansouri Arezki, où ce précieux liquide coule à flot, à la grande joie des automobilistes qui en profitent pour laver leurs voitures gratuitement. A l’autre bout de la ville, à proximité du stade et de la cité «Indépendante», deux fontaines publiques ont été réalisées l’an passé, et dont l’eau provient d’une source située en amont. Là encore, il faut attendre son tour patiemment pour se servir : «C’est une eau de source qu’il ne faut pas gaspiller surtout en cette période de canicule», insiste un vieux du quartier. Plus loin, sur le chemin menant au village de Henya, la source «El Ançar» connaît également la même affluence que les précédentes. «Nous lançons un appel aux services de l’hydraulique pour que cette source soit également prise en charge comme l’ont été Thala Béchar et Thala Frasse», disent plusieurs jeunes rencontrés sur les lieux.

Essaïd Mouas