TOURISME Gratuité des plages – Les mises en garde de Bedoui

Depuis le début de la saison estivale, les estivants ne cessent de se plaindre des prix exorbitants qui leur sont imposés par certains exploitants de plages, qui monnayent des moments de détente en solo ou en famille sur les plages publiques.

À cet effet, Nourredine Bedoui, ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, lors d’une conférence de presse animée avant-hier en marge de sa visite dans la wilaya de Tizi-Ouzou, a indiqué : «Le principe de la gratuité des plages algériennes est indiscutable. Cette décision a été prise l’année dernière. Dire qu’on a réussi à l’appliquer à 100% ne serait pas vrai. Je dirai qu’il y a des manques, mais nous sommes déterminés à l’appliquer par tous les moyens». Le ministre a fait savoir, par ailleurs, que plusieurs cas de personnes exploitant de manière illégale les plages seront traduits en justice. «Les éléments de la sûreté sont là la justice algérienne est là aussi. Il faut savoir qu’il y a des cas pour lesquels des plaintes ont été déposées, et les dossiers sont entre les mains de la justice». Et d’ajouter : «On est dans un État de droit». M. Bedoui a pointé du doigt des individus qui, selon lui, voudraient entraver l’application des lois au niveau des plages : «Il y a des gens qui veulent entraver l’application de la loi au niveau des plages algériennes», affirme-t-il. Quant à la réussite de l’application de cette loi, le ministre a relativisé et est resté optimiste : «On ne s’inquiète pas, si on arrive à l’appliquer cette année à 80%, on dira qu’on a réussi. Si on arrive à l’appliquer à 70%, on dira aussi qu’on a réussi». Il a insisté sur la nécessité de lutter contre les gens qui se croient au-dessus de la loi, car «les forces du mal, celles qui veulent dire qu’elles sont plus fortes et au-dessus de la loi, il faut les combattre». Le ministre a estimé que tel est le «vrai défi de l’État algérien». «L’État est plus grand que tout le monde. Le wali et les commissions sécuritaires de wilayas sont là pour veiller jour et nuit au bon respect des lois. Des brigades de la sûreté sillonnent les 14 wilayas côtières et je reçois des rapports journaliers. Il y a du positif, il y a aussi des manques. On a des plages gratuites à 100%, et le citoyen est à l’aise. La plage algérienne est pour tous», a-t-il ajouté. Concernant les plaintes des citoyens sur la non-gratuité des parkings, le ministre a précisé que «les parkings n’ont rien à voir avec la gratuité des plages». «Les parkings ne sont pas les plages», a-t-il encore martelé. À ce propos, il a évoqué le rôle des communes qui devraient, selon lui, valoriser ces biens. «Certains veulent exploiter les espaces, on les a à l’œil et on est en train de les combattre», a-t-il rassuré. «C’est une bataille qu’on mène et qu’on mènera chaque jour. Il ne faut pas désespérer. La justice algérienne frappera d’une main de fer celui qui transgressera la loi», a-t-il averti. Concernant la marche prévue à Béjaïa le 26 juillet pour dénoncer le phénomène, le ministre de l’Intérieur a salué la réaction du citoyen face à ses dépassements, tout en émettant une réserve sur la marche.

Kamela Haddoum.