La pisciculture est le thème abordé, hier, lors de la journée d’étude consacrée à ce créneau au niveau de la Chambre d’Agriculture de Bouira. Journée exceptionnelle à plus d’un titre qui a permis aux agriculteurs désirant investir dans ce domaine d’enrichir leur eau d’irrigation grâce aux matières organiques et autres déjections des poissons contenus dans leurs bassins. Ainsi, hier matin, M. Lounis Djaâfer, enseignant à l’Institut supérieur de la pêche et de l’aquaculture, a expliqué aux agriculteurs intéressés par ce secteur les bienfaits d’élever des poissons dans les bassins d’irrigation : «Nous préconisons l’intégration de la pisciculture dans le milieu d’irrigation agricole car cela permet d’obtenir des ressources de qualités grâce aux engrais naturels obtenus des excréments de poissons et ainsi parvenir à abandonner les engrais chimiques dans les exploitations. Cela permet également la production de poissons pour la consommation», expliquera le conférencier. Par ailleurs et après avoir retracé l’historique de la pisciculture en Algérie depuis les années 2000 à ce jour, cinq agriculteurs ont bénéficié d’un quota de 300 alevins qui ont été ensemencés dans les bassins des agriculteurs de différentes régions de la wilaya. M. Djamel Zaâfer, le premier agriculteur originaire de Frakssa, commune de Oued El Berdi où se situe son exploitation, a ainsi reçu la visite d’une importante délégation, à sa tête le secrétaire général de la chambre d’agriculture de Bouira, du directeur de la pêche de Tizi-Ouzou accompagné du directeur de la chambre de la pêche de Tizi-Ouzou, de la responsable de l’antenne de la pêche de Bouira et d’autres cadres du secteur. C’est dans un bassin de 100 m3 que les alevins ont été lâchés après vérification du PH et de la température de l’eau contenue dans ce réceptacle. Au préalable, des sacs de fumiers avaient été introduits dans le bassin afin de permettre la mise en place d’un écosystème favorable aux alevins, notamment le zooplancton nécessaire à leur nourriture pendant le premier mois. «Une fois l’alevin arrivé à une taille de 10 cm, il faut commencer à le nourrir avec du son», expliquera M. Djaâfer qui précise que les alevins en question sont des carpes chinoises (carpes argentées et grandes bouches), des espèces qui résistent extrêmement bien sous différents climats. «La carpe résiste aux températures les plus chaudes et les plus froides aussi. Il suffit de respecter certaines consignes pour leur permettre un développement maximum. » Pour M. Abdelmalek Akkouche, secrétaire général de la chambre d’agriculture de Bouira, l’idée leur est venue cela fait quelques années, après la cherté du poisson : «Le ministère de la Pêche n’a ménagé aucun effort pour encourager l’aquaculture. L’idée était que l’agriculteur puisse produire au moins du poisson pour ses propres besoins, pour sa famille et ses proches, pour ses voisins et que l’eau d’irrigation puisse être enrichie par les nitrites dégagées par les poissons. Il s’agit là de l’intégration de la pêche à l’agriculture, visant à améliorer les revenus des agriculteurs», estime M. Akkouche. Avec 300 alevins qui ne sont pas producteurs, car provenant de l’écloserie mobile de Sétif, l’ensemencement des bassins servira dans un premier temps à l’agriculteur de maîtriser la technique de l’élevage de poissons avant de diversifier les espèces. C’est le vœu de Abdelhafidh Belaid, directeur de la Pêche et des Ressources Halieutique de Tizi-Ouzou, qui affirme «avoir de grands projets pour la wilaya de Bouira» au vu de son immense potentiel hydraulique, notamment avec les trois grands barrages de Koudiet Acerdoune, Tilesdit et Oued Lek’hal. Ainsi, pas moins de cinq bassins, deux à Oued El-Berdi, un à El-Hachimia, un à El-Esnam et un autre à Haïzer ont été ensemencés par 300 alevins chacun. Une expérience que la responsable de l’antenne de la pêche de Bouira ainsi que la Chambre d’Agriculture devront suivre pour permettre une évaluation aussi bien sur le plan production que rendement en matière de qualité de l’eau d’irrigation utilisée. La pisciculture est un secteur prometteur, selon le SG de la Chambre d’agriculture de Bouira qui a signé une convention avec la chambre de la pêche de Tizi-Ouzou, ainsi qu’en présence du directeur de la pêche de la même wilaya.
Hafidh Bessaoudi
