Dans les communes d’Adekar, Toudja, Béni Ksila, Tifra, Saket, Amizour, Taskriout et bien d’autres régions rurales, des troncs d’arbres calcinés se dressent à perte de vue.
Dans des villages isolés de la commune de Toudja, des maisons aux murs cafardeux trônent au beau milieu d’un paysage de désolation sorti tout droit de l’enfer. Les villages somnolant aux pieds des plus denses forêts de Béjaïa étaient en proie aux flammes depuis le 31 juillet. Durant la journée, en plus d’une chaleur écrasante, une épaisse fumée enveloppaient tous les bourgs de ces communes. A la nuit tombée, les flammes couplées à une odeur âcre, formaient une sorte de gigantesques lampadaires éclairant chichement les prairies ceinturant les villages desdites municipalités. La menace était omniprésente, troublant le sommeil des villageois. De jour comme de nuit, des escouades de villageois surveillaient la progression des flammes. Même circonscrits, à leurs yeux, quelques foyers ont tendance à reprendre sur des parties même réduites déjà en cendres. Vigilance ! Aux quatre coins de la wilaya de Béjaïa, des paysages de désolation s’offrent aux yeux: des centaines d’hectares de maquis, de forêts, de broussailles et d’arbres fruitiers, des oliviers et des chênes-liège surtout, sont ravagés par les flammes. Les habitants de ces régions, désormais sinistrées, ne savent même pas qui est à l’origine de ces feux, et vers qui pointer un doigt accusateur. Qui sont ces pyromanes qui osent mettre le feu à tout, sans se soucier de la sécurité de milliers d’âmes ?Depuis mardi dernier, selon la protection civile, au moins 120 départs de feu ont été dénombrés aux quatre coins de la wilaya de Béjaïa. Les flammes ont parcouru une superficie dépassant les 1000 hectares. Plusieurs régions difficiles d’accès étaient avant-hier en proie aux flammes dans les communes de Béni Ksila, Amizour et Boukhelifa. Hormis des forestiers, les sapeurs pompiers ne pouvaient atteindre ces zones pour circonscrire les incendies, en raison de l’inexistence de pistes, laissant les habitants à leur triste sort. Pour venir à bout de ces sinistres, la protection civile a mobilisé tous les moyens humains et matériels en sa possession, dont plus de 260 engins. Le responsable de la conservation des forêts de la wilaya de Béjaïa a regretté dernièrement la «non dotation des soldats du feu en moyens aériens», pour intervenir sur des zones inaccessibles par voie terrestre. Sans retentissement jusqu’à maintenant !
Dalil S.

