Un jeune poète qui s’insurge

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Même s’il n’a commencé à écrire qu’il y a trois années, mais son parcours sera sûrement riche et sa renommée dépassera les frontières de l’Algérie. Lui, c’est Rabah Kadour, un jeune étudiant (master 2 en linguistique appliquée amazigh à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou). Il a déjà à son actif plus d’une trentaine de poèmes qui commencent déjà à sortir du lot, et à son palmarès plusieurs distinctions. Sa première participation au Festival de poésie à Ath Ouacif en 2015, lui a permis de découvrir plein de poètes de haut niveau. «Depuis ce Festival, j’ai compris que le niveau de la poésie est assez élevé, j’ai alors choisi ma ligne. J’ai commencé à écrire dans le domaine de l’humanisme, du symbolisme et de la philosophie. J’ai composé alors un poème en hommage aux femmes en difficultés physique et morale. Il s’intitule Tin vghigh (celle que je voudrai épouser), un poème qui a fait sensation et qui m’a permis de conquérir de nouveaux horizons, dira le jeune poète. Au Festival de poésie d’Ath Smaïl à Béjaïa, Rabah a décroché le 3e prix. En 2016, à Ath Zikki, Rabah remporte le 2e prix. A Tigzirt en 2017, il empoche aussi le 2e prix. Au Festival d’Ath si Youssef, dans la daïra de Boghni, du mois de juillet dernier, le jeune poète empoche le premier prix. «C’est une véritable consécration sachant que la participation était importante et de haut niveau», soulignera-t-il avec modestie. Le poète de Sidi Ali Moussa s’imprègne aussi du travail d’anciens poètes et écrivains de renommée mondiale. Descartes, Spinoza, Machiavel, Khalil Djebrane et Youcef Oukaci sont pour lui des repaires. Rappelons aussi que grâce à son haut niveau, Rabah est sur la traduction du livre «Les ailes brisées» de Khalil Djebrane. «Je suis à présent sur un travail de traduction. Je pense aussi à mettre tout mon œuvre sur un livre. Je fais aussi des proses et j’essaie d’introduire les nouvelles formes d’écriture en usant de création lexicale lorsqu’il le faut. Nous avons aussi créé un groupe de onze poètes, dénommé Amedyez pour donner une dimension supérieure et littéraire à la poésie kabyle et amazighe», confiera-t-il. Concernant la place de la poésie et du poète dans notre société, Rabah Kadour déplorera : «Hélas la poésie ne fait pas vivre. Un vendeur de cacahuètes gagne bien mieux sa vie que nous. Il y a aussi de l’iniquité d’une wilaya à une autre. Dans d’autres wilayas du pays, le premier prix est de l’ordre d’un million de dinars alors qu’à Tizi-Ouzou, il n’est que de trois millions de centimes. C’est injuste ! Au concours national Ali Maachi, qui existe en trois langues (Amazigh, arabe et français), les prix ne sont attribués qu’aux artistes des langues arabe et française alors que ceux d’expression amazighe sont écartés et ne sont pas primés. Le poète et la poésie amazighe sont méprisés». Pour avancer, le poète appellera : «Nos artistes et nos intellectuels sont invités à privilégier la production pour éviter la disparition de notre culture et pour aussi nous imposer. Il faut également revaloriser la production poétique, théâtrale et artistique. Il faut ouvrir le champ et donner les mêmes chances aux créateurs. A présent, nous constatons que les maisons des jeunes et de culture sont des espaces de chants et de folklore uniquement. La culture ne se limite pas à la chanson seulement».

Hocine T

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