Valée de la Soummam – La tradition toujours de mise !

Malgré les temps modernes, et la propension de notre société à adopter, de nos jours, de nouvelles us et traditions qu’on dit «universelle», il subsiste néanmoins certaines coutumes léguées par nos ancêtres, lesquelles sont variablement observées dans notre société. Comme nous venons de fêter l’Aïd El Adha, il existe une tradition bien de chez nous qui consiste en cette visite qu’effectuent les proches à leurs filles mariées en leur apportant la « fameuse » épaule d’agneau. En effet, cette tradition, même si elle tend à disparaître de nos jours, surtout chez les nouvelles générations, «s’agrippe» encore nonobstant la modernisation tous azimuts qui touche notre société. Ainsi, cette coutume est pratiquée le deuxième jour de l’Aïd Amuqran, où les parents ou les frères se rendent chez leurs sœurs pour leur rendre visite, la féliciter à l’occasion de la fête de l’Aïd et lui remettre l’épaule de l’agneau ou du mouton appelée en kabyle « Taghrut ». Cependant, cette pratique tend à s’effilocher avec la chute du pouvoir d’achat des ménages. Car beaucoup de familles ne peuvent pas sacrifier le mouton à cause de sa cherté, se contentant de l’achat de quelques kilos de viande du bœuf. Celle-ci s’avère ainsi plus accessible par rapport à leurs maigres bourses ! En conséquence, les filles ou les sœurs mariées ne reçoivent pas « Taghrut » mais des présents seulement (gâteaux, pâtisseries,… ). Autant dire que la cherté de la vie est en grande partie derrière le recul de cette tradition observée chaque fête de l’Aïd Amuqran dans la vallée de la Soummam entre autres ! «Offrir l’épaule du mouton à la sœur ou à la fille est devenu vraiment un luxe de nos jours, car le mouton s’est considérablement renchérit ces dernières années ! La plupart des gens se contentent de rendre visite à leurs filles ou à leurs sœurs mais sans leur apporter Taghrut», regrette à sexagénaire de la ville d’Akbou. Et d’indiquer que «cette tradition commence vraiment à décliner». Néanmoins, en dépit de tous ces chamboulements et la hausse des produits alimentaires, les fameux plats culinaires traditionnels sont toujours en vogue. Des plats qui sont mijotés chaque fête de l’Aïd El Adha. Ainsi, le premier jour de cette fête, est souvent réservé aux grillades: brochettes, côtelettes, et autre friture des abats comme le foie, les reins,… cela sans oublier « l’indémodable » et l’inévitable Buzelluf (tête et pieds du mouton cramés au feu du gaz butane). Le deuxième jour, l’on confectionne entre autres, des plats très populaires comme le couscous et Taâsbant ou Tikerbabine.

S. Y.