La frange juvénile semble abandonnée à son sort à Tamridjet où, mis à part le circuit scolaire, il n’existe aucune infrastructure pour l’accueillir et la former. Parmi les jeunes de Tamridjet, les heureux scolarisés, admis au palier supérieur, prennent la destination des écoles et de l’université, alors que les recalés, précisément la gent féminine, de surcroit ceux de la déperdition scolaire, dont le nombre ne cesse d’augmenter chaque année, trouvent d’énormes difficultés pour dénicher un poste de stagiaire, au niveau des rares centres de formation de la région.
Et s’ils existent, ils les confrontent aux épreuves du déplacement, sachant que les jeunes doivent parcourir au moins 15 km pour y arriver. Les familles, en somme, ayant un niveau de vie indécent, les disponibilités des moyens, notamment financiers, font défaut pour la majorité. Une défaveur qui contraint cette jeunesse à être cloisonnée au creux de la montagne Zène et Adhrarlaalem qui allongent les villages renfermés, en respirant de l’air pur dans l’attente de s’évader de cette bourgade, comme témoignent de nombreux jeunes rencontrés.
A cet effet, l’exil et l’immigration sont deux solutions salvatrices envisagées par les plus éveillés. Devant nulle infrastructure de base sur le territoire communal, ces jeunes sont livrés à eux-mêmes et sujets à augmenter le taux de chômage. Un phénomène récurrent sans prise en charge concrète, d’autant plus que l’espoir mis sur l’octroi des locaux commerciaux, initiés en 2005, s’est évaporé. Ces derniers, qui tardaient à voir le jour, ont finalement été réalisés dans le cadre de l’extension urbaine dans une autre commune limitrophe. En outre, parmi ces jeunes, rares sont ceux qui trouvent un gagne-pain temporaire, au niveau local.
Les autres, plongés dans la monotonie, n’ont de lieux à fréquenter que les cafés meublés par les demandeurs d’emploi sans un avenir certain. D’ailleurs, même les quelques entreprises qui activent dans la région sont mal cotées, en matière d’octroi de marchés publics.
Le seul refuge, comme aucune autre activité n’existe pour combler le vide des jeunes désœuvrés, reste l’espace sportif, car adhérant aux associations qui poussent en nombre dans la région, telles «Thiziri», «Thafat» et «Awal», vu les besoins ressentis et pour valoriser ce potentiel jeunesse.
Bien que novices et dépourvues de moyens logistiques, ces associations, en athlétisme, en sport de combat et en football, ont des résultats assez satisfaisants du point de vue classement de leurs athlètes sur les podiums. Pour cela, la réalisation d’une salle multisports demeure une revendication légitime de ces associations qui réussissent toutes leurs actions, tant en volontariat qu’en travaux d’utilité publique. Quant à la maison des Jeunes, au beau décor, elle peine à réunir les conditions de fonctionnement, en matière de disponibilité du potentiel humain qualifié et de la logistique.
Pour revenir à la formation professionnelle, l’ouverture d’une antenne au niveau de la commune est ressentie comme une impérieuse nécessité pour la préservation des métiers du terroir et l’apprentissage de ceux d’avenir. Ce sont surtout les pères de famille qui la revendiquent, craignent le mal et un avenir incertain pour leur progéniture. Malgré cette note d’espoir, l’attente a trop duré, se plaint-on.
Nadir Hama

