La commune de Kendira, située à 60 km au sud-est de Béjaïa, est connue pour son relief montagneux dont l’altitude moyenne de ses terres est comprise entre 600 et 1700 mètres. Le massif montagneux le plus haut et le plus célèbre dans la région demeure, indubitablement, le massif de Takintoucht. Il est situé sur les chaînes montagneuses des Babors qui parcourent l’est de la wilaya de Béjaïa, ainsi que les territoires de la wilaya voisine, Sétif. Takintoucht est la plus haute montagne de la commune, perchée à 1674 mètres d’altitude. Elle fait la fierté des habitants, pour lesquels la montagne demeure toujours le symbole de la résistance, de la patience et de la grandeur. Certes, il est parcouru par des chemins qui montent et descendent au gré du relief, mais ce massif reste d’un accès difficile et laborieux. Il existe un ancien chemin qui daterait de l’époque romaine, il traversait le mont Takintoucht pour rejoindre l’est, dont l’antique Sitifis (actuelle ville de Sétif). D’ailleurs, des ruines existent encore dans la région au lieu-dit « Tablat Ouzrou » (La pierre du rocher ndlr). Néanmoins, des potentialités énormes inexploitées «dorment» encore à l’Adrar N’Takintoucht, comme le tourisme de montagne qui n’est, malheureusement, pas pratiqué à cause du manque de moyens et… de volonté ! La beauté féerique de cette montagne, «tapissée» d’un tissu végétal verdoyant toute l’année composé, entre autres, de pins d’Alep, de cédraies et de maquis, n’est pas exploitée à bon escient. Beaucoup d’autres créneaux et autres infrastructures pourraient être aménagés dans ce massif qui n’attend qu’un geste suivi d’une volonté réelle de concrétisation. Il s’agirait, entre autre, de parcours de randonnées pédestres, de terrains et d’espaces verts pour les sports en plein air, de pistes de VTT, de villages touristiques, d’espaces de loisirs et de détente, etc. mais, à l’instar de toutes les belles régions que recèle la wilaya de Béjaïa, la magnifique montagne de Takintoucht est vouée malheureusement à l’abandon et à la pollution. En effet, des randonneurs et des automobilistes qui traversent cette belle forêt s’adonnent au pique-nique et à la consommation de boissons alcoolisées en laissant les restes de nourritures et d’emballages dans la nature. Celle-ci reçoit des coups durs en étant envahie de plus en plus par les détritus. La belle montagne de Takintoucht risque malheureusement, au train où vont les choses, de se transformer en gigantesques dépotoirs nuisibles pour la faune et la flore. Seuls la sensibilisation et le civisme pourraient enrayer cette situation préoccupante dans laquelle est confiné ce massif boisé.
S. Y.
