Makanch mouchkil, nos identités, est un documentaire réalisé par Franck Renaud avec Mounia Boudiaf. Ce dernier raconte le retour de Mounia vers ses origines. C’est l’histoire d’une rencontre franco-algérienne, où tout commence sur les routes des origines de Mounia pour finir autour d’un repas au fin fond de La Picardie. Mounia, une jeune immigrée, revient en Algérie après vingt ans d’absence. Cette dernière déplore ses différends avec sa famille. Etant en quête de son identité, elle se construit un monde en images. «Son père, sa mère, hantent notre film mais nous les rencontrerons que très tard», dira Franck Renaud. Il ajoute : «Mounia nous dit que voyant les images de la tombe de son père, elle s’est enfin décidée à retrouver l’Algérie après vingt ans». «Parti en Algérie pour mettre enfin les images dans une production, je me suis retrouvé dans une sorte d’exil intérieur. Pourquoi ce voyage à la rencontre d’un autre pays me renvoie surtout à moi-même ?» s’interrogea F. Renaud, «rien à avoir avec un sentiment de supériorité, plutôt comme s’il avait fallu que je traverse la méditerranée pour que j’accepte enfin de me regarder en face», dira-t-il. «Je vois l’autre, comme un révélateur. L’Algérie devient un contexte d’introspection pour moi. Cet ennui mâtiné de conscience qui course l’individu insatisfait mais ouvert au doute vers une vie plus aventureuse qui le confronte à son propre ombre, à des sentiments et des désirs auxquels il n’avait pas encore accès, à l’image donc plus contrastée de lui-même», expliqua-t-il.
M. S.
