Une école de quarante élèves sous perfusion

Il est vrai que lors de ces dernières années, le nombre d’élèves a beaucoup baissé dans plusieurs écoles, ce qui a entraîné leur fermeture. En effet, la cause est la limitation des naissances pratiquée par les couples qui ont fini par découvrir qu’il n’est pas facile de pourvoir à une famille nombreuse. Néanmoins, certaines écoles primaires ont été érigées sur des critères subjectifs, qui ne tiennent sur aucune étude sinon pour rendre service à quelques responsables locaux originaires du lieu d’implantation. Ainsi, deux cas de ces monumentales bévues sont à relever dans la daïra de Tizi-Ghennif. A M’kira, une école composée de quatre classes avec un logement d’astreinte, a été construite voilà plus d’une dizaine d’années à Ait Ouakli, à l’extrémité ouest de la localité, à la limite territoriale avec Chabet El Ameur (Boumerdès) ; cet établissement scolaire n’a jamais ouvert ses portes jusqu’à ce jour. Le second cas est celui de l’école Varar, située à quatre kilomètres environ à l’est du chef-lieu de commune Tizi-Ghennif. Pour les ex-responsables locaux, cette école avait été conçue pour recevoir les bambins de trois hameaux importants au moins, à savoir Varar, lieu d’implantation, les « Ikhlef » et les « Delci ». Il a été aussi question d’aménager la piste qui conduit aux deux derniers villages, ce qui n’a pas été fait jusqu’à maintenant. « Nos enfants sont scolarisés à Tizi-Ghennif où, au moins, ils bénéficient de la cantine alors qu’il leur est impossible de rejoindre Varar en hiver à cause de la gadoue, et en prenant la route nationale, il est plus aisé de partir pour Tizi-Ghennif que de remonter encore un kilomètre de pente », nous ont confié ces parents qui ont décidé de boycotter cet établissement. Pour d’autres, c’est avec l’arrivée du nouveau directeur que tout a commencé à se gâter car il n’a, selon eux, aucune notion de communication et de savoir-faire. Pour étayer leurs dires, ces citoyen, qui en veulent beaucoup plus aux autorités locales qu’à ce directeur « du niveau primaire » comme ils le déclarent et dont l’attitude dénote une certaine colère tout en gardant l’anonymat, nous citent l’état d’abandon de l’établissement qui n’a pas de clôture et où le chauffage ne fonctionne pas en hiver. « Pire, dernièrement, les pauvres élèves de sixième année, dont le nombre n’est que de vingt, ont composé dans deux salles différentes, soit deux groupes de 10, alors que le jour d’examen, ils seront 20 dans la salle avec deux surveillants. Si le directeur connaissait les directives de sa hiérarchie, il ne condamnerait pas les élèves, qui s’avèrent ainsi de grands tricheurs et les deux enseignants chargés toute une journée de la surveillance », nous ont confié encore nos interlocuteurs avant de proclamer que leur boycott finira par aboutir à la fermeture de cette école ou à la construction d’une autre, plus bas, près de la route nationale. « Cette école est sous perfusion ; cette année le directeur a été obligé d’inscrire des enfants nés en 2000 sept (7) pour avoir une division de dix (10) élèves puisqu’il n’y a que trois nés en 1999 à Varar et pour sauver ainsi son poste. Mais l’année prochaine comment s’y prendra-t-il avec seulement une classe de deuxième année composée de 10 élèves, une quatrième année de 17 élèves mais il peut toujours faire des redoublements puisque cela n’avait jamais été fait », ont conclu ces interlocuteurs qui ne veulent surtout pas entendre parler de leur APC.

Essaid N’ait Kaci