Cela fera bientôt vingt jours que les jeunes M'Kiris, issus de tous les villages, occupent la carrière de tuf de Bouaïta et bloquent l’accès aux camionneurs.
D’ailleurs, ils se sont constitués en groupes, car même la nuit, ils ne baissent pas la garde. Ces jeunes exigent la fermeture définitive de cette carrière. Pour eux, ‘’elle cause énormément de désagréments aussi bien à la population qu’à l’environnement’’. «C’est un combat qui devra porter ses fruits. Depuis 2005, quand l’ex-ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khalil, avait signé le titre minier à cette Sarl, il y a eu des mouvements de protestation sporadiques, mais, cette fois-ci, nous sommes décidés à aller jusqu’au bout. On ne peut plus continuer à supporter ces dégâts. Non seulement, nos oliviers, nos arbres fruitiers et tout l’environnement sont pollués par la poussière, mais nos familles ont chacune un malade. L’air y est irrespirable. Même les écoliers, qui empruntent la route, ne sont pas épargnés. Basta!», s’écrie un jeune homme. Et à un autre de lui emboîter le pas: «Nous n’avons peur de personne. Nous savons que notre cause est juste. Nous ne sommes contre personne, mais nous dénonçons ce cas parce que ni la commune, ni les citoyens en tirent profit». Pour les protestataires, la réponse des services de la wilaya se fait toujours attendre. «Dernièrement, une commission est arrivée sur les lieux. Tous ses membres ont émis des avis défavorables à ce sujet. Maintenant, c’est la décision du wali qui tranchera cette affaire qui n’a que trop duré», explique une autre personne. Dans ce sillage, et devant «les pressions» que ces jeunes disent subir depuis le début de leur action, ils ont appelé d’autres personnes à se joindre au mouvement. Ils indiquent également que «personne ne se soucie de l’état du CW107», qui dessert des milliers de personnes, entièrement dégradé au passage des camions de gros tonnage. «Imaginez qu’une flotte de plus de cent camions passe quotidiennement sur cette route. Comment celle-ci va-t-elle résister à leur poids?», s’interroge un autre groupe de jeunes rencontrés en phase de lancer un second mouvement. En tout cas, à les entendre parler, ils ne sont près d’accepter aucun compromis si la carrière de Bouaïta n’est pas définitivement fermée. «Ils n’ont qu’à la fermer et nous rentrerons chez nous», concluent, à l’unanimité, nos interlocuteurs.
Amar Ouramdane

