C’est en empruntant la route locale qui mène à Handis, dans la commune d’Ath R’zine, qu’on emprunte la bretelle provisoire de la pénétrante autoroutière Ahnif – Béjaïa. C’est une route étroite qui permet très difficilement le croisement de deux voitures. Que dire, alors, de deux camions ! Conséquence : la circulation se bloque dans les deux sens. Et les camions sont vraiment soumis à un rythme d’escargot. Les arrêts du trafic alternent, des automobilistes descendent de leurs véhicules respectifs. On scrute ce qu’il y a à l’avant de la route, on attend et on s’impatiente qu’une des deux files redémarre. Certains conducteurs vont même à la rescousse d’autres, coincés en profondeur contre les branchages d’une multitude d’arbres. On avance très lentement. Juste le temps d’avancer de quelques mètres qu’on est déjà obligés de freiner, pour attendre de nouveau que la route congestionnée soit libre. Véritable parcours du combattant ! A gauche, comme à droite, la route est impraticable. Deux camions se croisant dépassent difficilement cette bretelle qui n’a de bretelle que le nom. On fait de grands efforts pour réaliser le moindre croisement. On passe plus de temps à l’arrêt qu’à avancer vers la bretelle. Ceux qui suivent doivent tenir leur mal en patience. Les conducteurs les plus impatients s’énervent, en donnant des coups de klaxons ou en descendant parfois pour jeter un œil sur la circulation qui ne bouge pas d’un iota. Les conducteurs allant dans les deux sens s’entraident, souvent, et mettent à contribution leur solidarité, pour tirer par exemple un camion dans un goulot de cette route bourrée de véhicules. Parfois, une file se débloque, mais le bonheur des routiers est sporadique, puisqu’un peu plus loin, on bute aussitôt sur une clôture ou des arbres à hauts branchages. Il faut faire avec cette congestion qui agace les automobilistes. C’est un véritable guêpier qui s’ouvre dans les deux sens. Les uns avancent à peine, serrés contre les pare-chocs des uns des autres. Véritable prison routière où on n’a le choix ni d’avancer, ni de reculer. Il faut, dans ces conditions désespérées, s’armer de calme et avancer par centimètres. Un trajet pénible d’environ 20 à 30 minutes laisse enfin les routiers venir à bout de leur impatience qui a atteint son paroxysme. Enfin, la bretelle qui permet de s’insérer sur l’autoroute est là. La circulation se met en une seule file pour aborder l’autoroute. Enfin, le cauchemar est terminé. L’autoroute est là toute grande, toute majestueuse. La peine des automobilistes, c’est pour une autre fois, s’ils sont tentés de passer encore par cette route bourrée d’obstacles et exiguë,; à tel point qu’il est difficile d’imaginer un croisement entre deux camions ! En attendant une bretelle d’autoroute au sens propre du mot, les routiers ont tout le temps de moisir sur cette route étroite de campagne.
Nassim Fawzi
