Tizi-Ouzou Colloque en marge du 8e Festival du tapis d’Aït-Hichem – Les acquis touristiques de la wilaya en façade

Une table ronde a été animée conjointement par la directrice du tourisme et de l’artisanat de Tizi-Ouzou, Mlle Yamina Haddid, et son homologue de l’environnement, Mme Bourahla, avant-hier, à la Maison de la culture Mouloud Mammeri, ayant pour thème L’artisanat vecteur du tourisme domestique et du développement local.

La conférence a drainé des initiés et un public curieux de connaître mieux l’apport des métiers artisanaux dans la vie sociale et économique de la collectivité. Pour commencer, Mlle Haddid a mis en relief les potentialités touristiques de la wilaya de Tizi-Ouzou, qui, dira-t-elle, restent très peu connues du grand public : «La willaya de Tizi-Ouzou possède beaucoup de potentialités touristiques susceptibles d’être développées au niveau local». Elle précisera : «Tourisme climatique, tourisme cynégétique, tourisme balnéaire, tourisme culturel, les us et coutumes, les sites archéologiques, le tourisme artisanal, sont autant d’opportunités à promouvoir». La conférencière, dans la deuxième partie de son intervention, expliquera : «L’artisanat est défini par tout travail manuel dans la transformation de la matière. Cette transformation reflète les us et les coutumes qui se transmettent à travers les âges, de génération en génération. Il y a le tissage, la poterie, la céramique, la forge, la sculpture, le bijou et la vannerie, cette dernière étant un patrimoine ancestral dont la femme est la gardienne et la détentrice du savoir-faire». Mlle Haddid soulignera : «L’artisanat et le tourisme sont des éléments indissociables et l’on ne peut concevoir l’un sans l’autre». Elle ajoutera : «Les échanges culturels contribuent au tourisme domestique, véhiculant nos valeurs culturelles à travers le territoire national et international et contribue, de ce fait, au développement local». La conférencière abordera ensuite le volet économique de l’artisanat : «L’impact des touristes nationaux et étrangers est indéniable sur l’économie locale. C’est une manne génératrice de revenus qui aideront à la résorption du chômage. Les artisans pourront ainsi se lancer dans la création d’entreprises, en collaboration, des PME et PMI, en collaboration avec les agences ou offices du tourisme». La conférencière citera ensuite les investissements et programmes consentis pour le développement du secteur : «Nous avons le barrage de Taksebt, Thala Guilef, les huit (8) ZET du littoral, le programme de protection des forêts, le classement des sites archéologiques…». Mlle Haddid mettra en évidence les effets de ce genre d’investissements dans la préservation du patrimoine et le développement du tourisme, et donc de l’économie. Elle plaidera également pour «le tourisme de montagne, l’amélioration de l’accueil et de la prise en charge des touristes étrangers, la mise en valeur des produits du terroir, la valorisation de l’activité féminine… Le tout contribuera sans aucun doute à limiter l’exode rural. Il est nécessaire que les artisans se regroupent en association ou coopératives». Mme Bourahla Djamila, de la direction de l’environnement, enchaînera : «Il faut également intensifier et élargir la sensibilisation et l’information des citoyens et ancrer la conscience environnementale dans les esprits». Elle déplorera : «Notre environnement ne va pas bien. L’homme ne cesse d’agresser la nature, en déstabilisant la faune et en saccageant la flore. Et par ricochet, la vie de l’être humain s’en retrouve elle-même agressée et menacée». Elle ajoutera : «Cela fait mal de voir les conséquences sur le pays en général et sur notre wilaya en particulier. Tizi-Ouzou possède pourtant des sites féériques. Voyons comment les Tunisiens ont fait de Carthage ce qu’elle est aujourd’hui et comment les Egyptiens ont valorisé leurs pyramides». La conférencière rappellera néanmoins les efforts de la direction de l’environnement qui ne cesse de «sensibiliser les populations sur la protection de l’environnement et d’assister les micros entreprises qui activent dans le cadre de la récupération et la valorisation des déchets». Mme Bourahla abordera ensuite le problème de «l’exploitation abusive de la matière première qu’on soustrait là la nature : roseaux, fibres des plantes, argile… C’est un véritable déséquilibre de l’écosystème qui se produit». Elle expliquera : «Le tapis d’Ath Hicham en revanche est fait à base de la laine, c’est en faveur de l’environnement parce que c’est une forme de valorisation d’un déchet, tout comme la tannerie qui permet la récupération et la valorisation de la peau (cuir)». La conférencière soulignera par ailleurs le rôle essentiel des associations. Elle citera l’exemple de l’association «Arc en ciel, de Tadmaït, qui milite et active pour la protection de l’environnement, le tourisme solidaire et le développement durable, qui est arrivée à décrocher un financement dans le cadre du programme des initiatives des organisations de la société civile de l’ Afrique du Nord (PPI- OSCAN) qui s’intéresse à la protection des systèmes écologiques de la montagne de Sidi-Ali Bounab».

M A Tadjer