Cette journée pédagogique initiée par l’inspecteur de tamazight, Arkoub Abdellah, et qui entre dans le cadre du cycle de formation continue, était une occasion pour les nombreux participants de débattre de leurs préoccupations et soucis.
Dans le souci d’une optimisation de l’utilisation du manuel scolaire de tamazight, dit de la 2e génération, et pour apporter des réponse aux interrogations des enseignants quant à ces nouveaux supports didactiques, une journée de formation et d’orientation au profil des professeurs de cette langue a été organisée, hier, au niveau du CEM Derdar de la ville de Tizi-Ouzou. Cette journée pédagogique initiée par l’inspecteur de tamazight, Arkoub Abdellah, et qui entre dans le cadre du cycle de formation continue, était une occasion pour les nombreux participants de débattre de leurs préoccupations et soucis. Confrontés à une nouvelle démarche, une autre approche et surtout à une méthodologie qui s’éloigne de plus en plus de la méthode transmissive qui a montré ses limites, beaucoup d’enseignants peinent à se mettre à la page. «Honnêtement, on est mal partis avec les exigences de ces manuels de 2e génération. En manque de formation sur le plan pédagogique et didactique, on arrivait déjà à peine à présenter des leçons avec l’ancienne méthode. Donc, ce genre de rencontres ne sera que bénéfique pour nous», dira N. Oukacha, une enseignante. Nombreuses en effet sont les interrogations qui ont trait à l’utilisation du manuel, à l’élaboration des fiches de préparation, à la méthode d’enseignement à adopter, mais pas seulement. Quelques critiques ont même été émises par les enseignants quant à l’adéquation du manuel avec le programme de la 2e génération. Des questionnements auxquels ont répondu, en détail, les concepteurs des manuels scolaires, présents sur les lieux, entre autres, les inspecteurs Arkoub Abdellah, Yahia Bellil, Lounis Ali et les enseignants Ramdane Achour et Halit Nabila. «Ces manuels sont des lectures possibles du programme de la 2e génération. Ils cadrent avec les grandes lignes. La démarche proposée est préconisée par la tutelle, c’est-à-dire le ministère de l’Education nationale», explique Yahia Bellil, inspecteur de tamazight dans la wilaya de Béjaïa. Tout au long de cette journée qui a regroupé plus de 80 enseignants, les inspecteurs ont abordé, d’une manière pédagogique, les différentes étapes et séances de la méthodologie proposée qui tire ses racines de la pédagogie du projet en général. Ainsi, les participants ont eu l’opportunité de discuter de la démarche analytique en lecture, de l’expression orale, du journal de bord en écriture, de la démarche active, de la découverte en outils linguistiques, entre autres. Pour sa part, Arkoub Abdellah, inspecteur de tamazight dans la wilaya de Tizi-Ouzou, initiateur de cette rencontre, a exhorté les enseignants à «continuer à formuler des critiques constructives tout au long de l’année scolaire, mais à ne pas rejeter ce manuel comme le suggéreraient certains». Signalons enfin que de nombreux points positifs de ces manuels ont été mis en exergue par leurs utilisateurs. «Le contenu du manuel fait référence à notre culture et à nos traditions. Il réconcilie l’apprenant avec son histoire, dans le sens où la majorité des textes sont des écrits de nos écrivains et des textes de chansons de nos artistes. Cette démarche permet de développer le sens de la critique et de la réflexion et les compétences en écriture chez l’élève, contrairement à l’ancienne qui formate ce dernier et qui forme des assistés. La méthode proposée pour l’enseignement de tamazight est une méthode préconisée pour les langues maternelles. Donc, elle tombe à point nommé», argumente Brahim Benhammouche, enseignant de tamazight. Par ailleurs, les enseignants soulèvent le changement opéré dans la terminologie de ce manuel et qui diffère de celle contenue dans l’ancien livre. La transcription en trois graphies (latine, tifinaghe et arabe) est également soulevée par les éducateurs comme un point noir dans ce manuel. A noter que la formation des enseignants des autres matières ne portait que sur le programme de la 2e génération et que seuls les inspecteurs de tamazight ont intégré les manuels scolaires dans ces rencontres.
Farida Elharani

