La délégation du forum des chefs d’entreprises (FCE) de la wilaya de Béjaïa a conclu, hier au campus d’Aboudaou, un protocole d’accord avec l’université Abderrahmane Mira, pour la création d’un comité de réflexion et d’orientation stratégique. Signé sous le patronage du wali, Mohamed Hattab, le protocole d’accord scelle des liens entre les deux entités. Étant mixte, constitué d’universitaires et d’opérateurs économiques, ce groupe doit réfléchir sur des bases académiques et scientifiques, pour contribuer au développement de la wilaya, soulignera le président du FCE de Béjaïa, Dr Djamel Azzoug, lors de l’allocution d’ouverture. Il dira que ceci est le fruit d’un travail qui a commencé en 2016, lors de l’installation du bureau de wilaya du FCE. D’ailleurs, rappellera-t-il, le premier travail entamé consistait en l’organisation d’un cycle de rendez-vous économiques, traitant de thèmes divers, allant de la logistique au tourisme, en passant par le port ou les chemins de fer. Pour sa part, le recteur de l’université, professeur Boualem Saidani, s’étalera sur des situations chiffrées, qui démontrent que ce n’est pas fortuitement que le gouvernement a décidé de créer et d’installer, dans les semaines à venir, le comité national de recherche scientifique et de développement technologique. L’orateur dira que sur 27 000 chercheurs mobilisés, seul 1 % est affecté à l’industrie, alors que le gros, c’est-à-dire 89 %, effectue des recherches à l’université. Ce qui n’est pas le cas des autres pays. Aux USA, les chiffres sont de l’ordre de 80 % pour l’industrie, de même pour le Japon où 74 % effectuent des recherches en entreprises et des taux de 68 % et 44 % sont également enregistrés en Chine et en France. Donc, pour le professeur Saïdani, le défi à relever est celui de combler ce manque criant avec, notamment, la récente consécration, en Algérie, de la thèse de doctorat en entreprises. Il conclura en disant qu’avec la création de ce comité de réflexion, le principe est de passer de l’action opérationnelle à celle stratégique, en consolidant, par la même occasion, la relation et le rapprochement du monde universitaire et celui du monde socioéconomique. Les présidents de la confédération du patronat et de la chambre de l’industrie et du commerce, en leur qualité de membres de droit, ainsi que le directeur de l’industrie et des mines ont été aussi invités à intervenir. Après la signature du protocole d’accord, c’est le wali qui a été invité à clôturer cette journée de mise en œuvre d’un autre outil de travail et de développement. De prime abord, Mohamed Hattab dira que les présents à cette rencontre sont en train de dessiner l’avenir de la wilaya, d’autant plus que l’ordre des architectes a bien voulu y participer. «Nous devons, soulignera-t-il, apporter des corrections à nos faiblesses antérieures». Il parlera également de l’agriculture et des potentialités touristiques que recèle la région qu’il faudra développer et mettre en valeur. C’est ainsi que le comité créé aujourd’hui doit tracer un tableau de bord et arrêter une nomenclature d’activités dans le cadre du programme d’investissements pour le développement économique de la wilaya. Approché pour expliquer clairement l’objectif du comité créé, le président de la délégation FCE de Béjaïa, Dr Djamel Azzoug, dira que celui-ci est appelé à travailler sur des bases académiques et scientifiques, pour tracer une cartographie d’investissement dans toute la wilaya de Béjaïa. Sans aucune autorité administrative, il jouera le rôle de structure consultative, conclura-t-il.
A Gana.

