Axé sur le thème global de la valorisation et la préservation de la biomasse, le Congrès international, tenu dimanche et lundi derniers à l’université M’hamed Bougara de Boumerdès a permis de conforter une prise de conscience sur la biomasse.
Initiée par les équipes de recherche du Laboratoire Technologie douce, Valorisation, Physico-chimie des Matériaux Biologiques et Biodiversité (LTVPMBB), dépendant de la faculté des sciences relevant de la même université, la rencontre a été l’occasion de mettre en perspective trois principaux objectifs. Cette manifestation scientifique, à laquelle ont été conviés, outre les responsables de l’université de Boumerdès, des représentants des autorités locales et de l’ex-ministre algérien de la Pêche et des ressources halieutiques, et des enseignants chercheurs issus de diverses universités nationales ou étrangères, se veut, en premier lieu, «un espace d’information et d’échange sur le positionnement d’une recherche fortement marquée par les contextes techniques, sociaux, économiques et environnementaux différents». Tout en tenant compte de la nécessité fondamentale de la préservation de l’environnement surtout à l’ère de la remise en cause du recours aux énergies fossiles et nucléaires, les initiateurs du congrès visent, en deuxième lieu, à actualiser les connaissances et les avancées réalisées tant sur le développement que sur la transformation de la biomasse. La rencontre a pour but, enfin, de débatte de l’opportunité d’exploiter les résultats des récentes explorations dans le domaine de la biomasse pour un développement durable en Algérie. Au cours de son allocution d’ouverture du congrès, le recteur de l’université M’Hamed Bougara a tenu à féliciter ses collègues enseignants chercheurs et saisi l’opportunité pour les encourager à maintenir l’élan d’effervescence scientifique y régnant, du moins, ces deux dernières années. Aussi, M. Bentellis Abdelhakim, recteur de l’université, a mis en exergue l’utilité et la fiabilité d’intégrer la notion du territoire dans les schémas directoires de la réflexion scientifique à l’avenir au sein de l’université. Pour lui, le système LMD, adopté comme mode d’enseignement supérieur en Algérie depuis 2004, devrait, certes, former en fonction des besoins socio-économiques. Mais, explique-t-il, pour concevoir les enseignements, les concepteurs de ce nouveau modèle de formation universitaire devraient tenir compte, à l’avenir, de la notion du territoire. Lors de sa conférence plénière portant sur «les enjeux de la préservation et la valorisation de la biomasse pour la sécurité alimentaire en Algérie», M. Ferroukhi Sid Ahmed, ex-ministre sous le gouvernement Sellal, a recommandé la mise en œuvre d’une approche globale associant, entre autres, les domaines de l’agriculture, de l’économie et le secteur de la pêche pour préserver la biomasse. Pour l’intervenant, la démarche devrait, d’une part, inclure le recyclage des déchets ménagers, faisant actuellement défaut dans notre pays, et, de l’autre, tenir compte de l’impact majeur des changements climatiques. Lui succédant, le Pr Hamoudi Safia, de l’université de Naval (Canada), a abordé une thématique en lien avec la «valorisation de sous-produits agroalimentaires en produits à haute valeurs ajoutées» en tenant l’exemple du lactose et des huiles végétales usées. De son côté, le Pr Benyoucef Boumédiène, de l’université de Tlemcen, a animé une conférence ayant pour thème : «Conception de nouveaux matériaux pour un environnement propre». Ont été présentées également, durant les deux jours, nombre d’autres communications ayant trait notamment à l’agriculture, à l’ingénierie de la valorisation de la biomasse, à l’énergie renouvelable, à la biodiversité et à la préservation des ressources ainsi qu’à l’écologie et l’environnement (dont le traitement des déchets solides, le traitement des effluents de bioindustrie et le traitement des eaux).
D. Timzouert

