Histoire L’apport de Makouda à la guerre de libération – Un 52 minutes pour perpétuer l’histoire

Le film dure 52 minutes. Riche en documents d’archive et de précieux témoignages de personnes encore vivantes, le documentaire retrace les moments charnières des préparatifs et les premières heures de la guerre de Libération nationale.

Le réalisateur n’est autre que Youscf Limani, spécialiste du cinéma historiographique par excellence. Youcef Limani a exhumé de l’oubli des hommes dont le rôle était prépondérant dans des phases historiques clés de notre histoire contemporaine. Dans ses travaux précédents, le réalisateur a, si l’on peut dire, subtilisé des faits à l’emprise du temps et de l’usure. C’est justement ce qu’il vient de faire en réalisant ce film documentaire sur le rôle de la région de Makouda dans la guerre de Libération nationale. Un rôle dont les historiens parlent peu mais qui apparaît très important dans ce film. Tout au long des 52 minutes, les témoignages retracent le cours des évènements qui vont du premier maquis de Krim Belkacem, jusqu’à la fin de la guerre de Libération national et le triomphe de la justice. Le rôle de Makouda dans l’histoire, de 1939 à 1954, est aussi un film qui remet certaines pièces du puzzle à leur place. Les moudjahidine de la région apparaissent en filigrane dans les plus grandes phases de l’histoire alors qu’ils ont eu un rôle de premier plan. Dans le film, on voit, en fait, quatre personnages clés, Akli Abou, Ali Rabia, Semaoun Ahmed et Amar Lvachir. Ils ont rejoint le maquis en 1945. Lorsqu’il prit la direction du maquis, Krim Belkacem a rejoint ces quatre moudjahidine qui étaient déjà dans les maquis de Makouda. Le film s’appuie sur des témoignages et des documents d’archives que Youcef Limani est allé chercher dans les coins les plus reculés du pays pour exhumer des vérités presque mortes. Dans ce film, la région de Makouda laisse parler ses profonds souvenirs. Le colonialisme s’est acharné sur les villages de cette région parce qu’en fait ils ont donné des hommes qui étaient parmi les premiers à aller au charbon de l’opposition à Messali Hadj et le déclenchement de la guerre de Libération. À la veille du déclenchement de la Guerre, le 30 octobre, Moh Saïd Kasmi s’est déplacé à Alger à la tête d’un groupe de 20 hommes dont il était le chef. Sous l’ordre du colonel Ouamran, le groupe s’est scindé pour que certains continuent vers Boufarik alors que d’autres sont orientés vers Blida en compagnie de Moh Saïd Kasmi. La nuit du déclenchement, les moudjahidine de Makouda étaient au front avec leurs frères à Alger, Boufarik et Blida. Le film poursuit l’entreprise d’exhumation des vérités en retraçant les affres des premiers ratissages effectués par l’armée française encore sous le choc des opérations spectaculaires du déclenchement de la guerre de Libération. Makouda est ainsi la première région à subir, le 14 novembre, le premier ratissage à l’échelle nationale. Les villages de Tazrart et Illilan allant jusqu’à la Crête sur les sommets de Chréa seront bombardés par l’aviation française qui fera deux morts et trois blessés. Le 18 novembre, la hargne coloniale se déplacera à quelques kilomètres seulement de-là à Makouda, Tala Bouzrou, Tarihant jusqu’à Boudjima. Ce fut la deuxième opération de ratissage de grande envergure qu’opérera l’armée française. Enfin, pour les amoureux de films documentaires, Youcef Limani annonce que sa production est entre les mains des responsables de la télévision nationale, la chaîne 4. Après deux projections au musée du Moudjahide de Tizi-Ouzou et au cinéma Mizrana de Tigzirt, le film est rembobiné en attendant sa diffusion sur la télé.

Akli N.