Ce sont des soldats inconnus, mais l’histoire de leur mort reste légendaire. Partis combattre l’armée française qui avançait en décimant les villages de la Mitidja, ces martyrs, sous le commandement du grand chef Ali Oumhand, ont été tués lors de la bataille de Taouarga.
Les historiens situent cette dernière aux environs de 1844. A l’issue de cette dernière, les forces conduites par le grand chef Ali Oumhand, qui a fait la bataille de Staouéli, ont été décimées par l’armée coloniale qui poursuivait ainsi son avancée vers l’intérieur du pays. Les quelques survivants ont ainsi transféré les dépouilles des soldats tués vers les villages desquels ils sont partis combattre. Acheminées de nuit, les dépouilles ont été enterrées près du village Tikaâtine, sur une petite colline, comme il est de tradition chez les Kabyles. Selon des recoupements historiques, leur nombre s’élevait à six cents martyrs. Seul leur chef, Ali Oumhand, fut enterré au cimetière Sidi Lhadj, à Agouni Hemiche (Tala Bouzrou), son village natal. Ainsi, le cimetière où sont enterrés les six cents soldats, qui ont donné leur vie pour repousser les assauts de l’ennemi, est dans un oubli injustifié. Le même oubli qui frappe, d’ailleurs, cette période de l’histoire. Après l’indépendance, ceux qui connaissent l’histoire de ce cimetière abandonné, à quelques dizaines de mètres seulement du village, attendant un geste des responsables locaux. Les élus qui se sont succédé aux commandes de la commune de Boudjima n’ont jamais pensé à au moins élever, une barrière de barbelé pour protéger ces tombes de la dégradation. Pourtant, ce sont des hommes de la région et des villages voisins qui ont répondu présents à l’appel du chef de guerre Ali Oumhand, commandant de l’armée des Zamoum de Taouarga, qui ont combattu l’invasion française depuis Staouéli. D’aucuns soutiennent que les futurs élus doivent mettre un terme à «l’extinction de faits historiques qui honorent la région, en particulier, et l’Algérie, en général». «Une clôture suffirait pour ralentir la dégradation des tombes qui sont déjà dans un état avancé de décrépitude», préconise un villageois d’un certain âge.
Akli N.

