Pratiquement, aucun cours d’eau coulant dans la commune de Chorfa n’échappe à la pollution. En effet, ce constat amer est fait sur le terrain avec des rivières transformées en collecteurs et réceptacles des rejets liquides et solides. Tous les réseaux de l’assainissement débouchent sur les cours d’eau, sans aucun ménagement et respect pour dame nature. Cela se répercute, bien évidemment, sur l’environnement, la faune et la flore, avec des périls et risques aggravés sur la santé de la population, du moment que les forages sont situés sur les berges de ces cours d’eau, lesquels sont dangereusement pollués. L’infiltration de la nappe phréatique par les déchets chimiques et toxiques peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé publique à moyen ou à long terme. L’un des exemples les plus édifiants est l’oued Tiksiridène qui dévale des hauteurs de la localité éponyme. Cette rivière qui n’est pas pérenne, car elle ne s’anime qu’en périodes pluviales, en hiver notamment, est transformée par les riverains en lieu de jet des déchets en tout genre. Les berges offrent, comme constaté récemment, une vue choquante et désolante à la fois, avec des amoncellements hideux d’ordures, d’immondices et de gravas jetées sans vergogne. Des déchets ménagers et autres industriels jonchent les lieux sur plusieurs kilomètres. Aucun endroit de ce oued n’échappe à la pollution galopante, laquelle a dépassé tout entendement. Sur le pont situé sur la RN26 et enjambant l’oued Tiksiridene, le décor qui s’offre à la vue des usagers de la route est consternant. «La réalisation d’un centre d’enfouissement technique (CET) n’est pas une mauvaise idée au vu de toutes les saletés qui sont jetées sur les rivages et le lit de l’oued Tiksiridène. Aussi, une station d’épuration de ces eaux est aussi vitale pour le dépolluer. On fait ainsi d’une pierre deux coups: un cours d’eau dépolluée d’une part, et une source d’irrigation des arbres fruitiers, des oliviers notamment et des maraîchages, d’autres part», indique un habitant de Chorfa. Il est utile de signaler qu’à quelques kilomètres du oued, un autre cours d’eau, celui d’Iwakouren traversant les localités de M’Chedallah et de Raffour pour rejoindre l’oued Sahel, fait face aux mêmes problèmes de pollution. Les rives de ce cours d’eau reçoivent chaque jour divers déchets et des déchargements de gravas et autres déchets solides.
Y. S.
