Béjaïa – Sol et sous-sol en jachère !

La mise à niveau de la wilaya de Béjaïa, comme promis il y a des lustres par les autorités locales, ne semble pas bien amorcée. Et pour cause, à quelques exceptions près, tous les projets inscrits à l’indicatif de la wilaya tardent à être réalisés. Nombreux sont les exemples qui illustrent parfaitement cet état de fait. Avec notamment un réseau routier complètement délabré et saturé, la région semble sujette à un isolement imminent. Sur le plan économique, hormis quelques entreprises privées affichant une croissance à deux chiffres, aucun autre investissement public et/ou dans le cadre d’un partenariat public/privé ne vient, pour paraphraser le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, «redonner à Béjaïa la place qui lui sied. » Et pourtant, le sol et le sous-sol de la région regorgent de ressources restées jusqu’à maintenant en jachère. L’on citera dans ce sillage, le gisement de plomb et de zinc d’Amizour, qui est, soulignons-le, l’un des plus importants et prometteurs gisement, dont les ressources sont estimées à près de 69 millions de tonnes. D’ailleurs, une fois mis en exploitation, pas moins de 400 postes d’emploi permanents et entre 1500 et 2000 emplois indirects pourraient être générés. Mais, depuis 2006, date de l’obtention de la licence à la joint-venture Western Mediterranean Zinc, détenue à 65% par la compagnie australienne Terramin, 32,5% par Enof et 2,5% par Orgm, l’exploitation du gisement tarde à se matérialiser. Autre exemple, le projet de réalisation d’un complexe pétrochimique à Béni Mansour, à cheval entre les wilayas de Béjaïa et Bouira, en stand-by depuis de longues années. Pour rappel, en août 2013, des cadres de la Sonatrach venus présenter le projet devant les élus de l’APW, avaient indiqué que le futur complexe pétrochimique de Béjaïa, dont la mise en service interviendrait avant la fin de l’année 2018, allait être réalisé «dans l’optique de valoriser le pétrole brut algérien». La supposée plate-forme pétrochimique, projetée sur une assiette foncière de 250 hectares, sera dédiée au traitement des matières premières à base de GPL (gaz propane liquéfié), à hauteur de 60%. Dans le sillage de la réalisation de ce projet, considéré comme le troisième plus important complexe pétrochimique après ceux de Skikda et d’Arzew, «d’autres projets annexes seront réalisés», avaient encore précisé les cadres de Sonatrach. Ce projet, à lui seul, va générer quelque 5 000 emplois directs. Jusqu’à maintenant, rien n’a été fait pour concrétiser ce projet. À Béjaïa, deux plates-formes industrielles de 175 hectares chacune, l’une à El-Kseur et l’autre à Béni Mansour, dont les permis de lotir sont établis, ont été dernièrement dégagées. Les autorités de wilaya ont promis que des «facilités» seraient accordées aux investisseurs qui viendraient s’y installer. N’empêche, les appels incessants des autorités locales en direction des hommes d’affaires interviennent dans une conjoncture marquée, ces dernières années, par un recul des investissements dans la wilaya de Béjaïa. La région est devenue peu attractive sur le plan des investissements en raison notamment d’une administration gangrénée par une bureaucratie mortifère. D’ailleurs, nombreux sont les opérateurs économiques qui ont délocalisé leurs activités vers d’autres régions où le climat des affaires est plus favorable. Pourtant, la wilaya de Béjaïa recèle l’un des plus grands pôles de l’industrie agroalimentaire en Algérie avec des dizaines d’entreprises performantes qui ont même réussi à conquérir des parts du marché outre-mer. La volonté affichée par les autorités locales de Béjaïa de faciliter l’acte d’investir pourrait-elle relancer la machine de développement dans la région avec à la clef la création de milliers d’emplois ? Dalil S.