«Sa vision d’une Algérie unie a triomphé»

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Pour le 60ème anniversaire de l’assassinat de l’architecte du Congrès de la Soummam, Abane Ramdane, le mussée du Moudjahid de Tizi-Ouzou a organisé, hier, une table ronde autour de son combat.

La famille révolutionnaire, des universitaires et des auteurs qui ont écrit sur Abane Ramdane, sur son parcours avant et pendant la guerre de libération nationale, se sont rencontrés pour évoquer le personnage, le responsable et l’homme qu’il était. Le Moudjahid Amar Akli Dris, dans un témoignage poignant, est revenu sur le parcours militant d’Abane Ramdane et son effort pour faire adhérer les différents acteurs politiques de différentes mouvances à la cause du FLN. Les deux hommes se sont connus dans la banlieue d’Alger, à la Casbah. «À ma sortie de prison, Krim Belkacem m’a demandé d’aller à Alger pour aider Abane, qui était à la direction politique. Je l’ai rencontré le 18 Mars 1957», narrera le Moudjahid, qui ajoutera avoir été frappé par l’intelligence de l’homme qu’il qualifie de «grand stratège». Il poursuivra : «Quand j’étais à Alger, il y avait des Messalistes, des Centristes, des Indépendantistes aussi. C’est à ces derniers que le mérite revient dans l’organisation de la révolution, c’est d’eux qu’est né le CRUA». Et de continuer : «A l’époque, on n’avait pas beaucoup de militants, Abane a changé les choses. Il a fait appel aux intellectuels de tous bords, dont Yacef Saadi, Boukadour, Larbi Tebessi, il s’est entouré de gens compétents et intelligents. Il a fait appel aux militants de différentes mouvances politiques. Tout le monde lui témoignait respect et considération». Selon le Moudjahid Dris, Abane a pu faire la différence grâce à son discours nationaliste d’union. «Suite au problème avec les Mzab-MNA, il a fait faire et distribuer des tracts, pour dire qu’on était tous des Algériens», rapporte le Moudjahid qui affirme par ailleurs avoir été le seul à l’époque à connaître le refuge d’Abane : «C’était chez Amara, un boulanger à Lavigerie», précisera-t-il. Un autre Moudjahid, Si Smail, interviendra à son tour, avouant ne pas avoir personnellement connu le révolutionnaire, mais beaucoup appris de lui : «Je l’ai rencontré brièvement lors de son passage dans une zone que nous surveillions. Il était avec Krim Belkacem, Si Nacer et Si Hakim. Ce que je retiens de lui, c’est sa volonté de tout maitriser et tout comprendre. J’ai compris qu’il était le chef, à sa manière de nous interroger». Si Smaïl poursuivra : «J’ai lu ses correspondances et ses lettres, nous avons tous beaucoup appris de lui. Sa vision d’une Algérie unie a triomphé sur le tribalisme et le régionalisme qui auraient pu faire échouer la révolution». Dans son intervention, une enseignante à l’université de Tamda regrettera quant à elle le fait qu’il n’y ait jamais eu un colloque universitaire sur Abane Ramdane. Signalons enfin que les responsables du musée sont allés déposer une gerbe de fleurs à Azouza, à Larbâa Nath Irathen, où Abane Ramdane vu le jour un certain 20 juin 1920.

Kamela Haddoum.

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