Le malaise continue dans le secteur de la santé publique. À vrai dire le constat n’est pas nouveau mais aujourd’hui, la tension ne fait que s’amplifier. Il faut dire que le secteur traverse une zone de turbulence et peine à en sortir. La colère des paramédicaux et médecins résidents ne cesse de grandir. N’ayant pas trouvé un écho favorable à sa plate-forme de revendications, le syndicat algérien des paramédicaux (SAP) a reconduit hier sa grève cyclique de trois jours. Idem pour les médecins résidents, qui poursuivent toujours leur grève illimitée, entamée depuis le 24 décembre dernier. Des mouvements de grève qui plongent le secteur de la santé dans un véritable marasme sans précédents, en prenant le malade en otage. Joint hier par téléphone, le président du SAP, Lounis Ghachi, a exprimé sa satisfaction quant à la grande mobilisation des paramédicaux qui, selon lui, «veulent à tout prix exiger la prise en charge de leurs doléances.» Il avance, à cet effet, un taux de suivi estimé à 85% à l’échelle nationale. Selon notre interlocuteur, cette action de protestation a été largement suivie sur tout le territoire national, à l’image des wilayas de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Alger, Tlemcen qui connaissent une adhésion massive, où le taux de suivi de ce mouvement de grève a atteint 100%. Ce syndicaliste a, une nouvelle fois, réitéré la détermination du personnel paramédical à poursuivre leur mouvement de grève, jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. «Face à une absence flagrante d’une bonne volonté de trouver des solutions concrètes aux préoccupations des travailleurs du secteur, on a été contraints de reconduire notre mouvement de grève», a-t-il encore indiqué. «Aucune revendication n’a été satisfaite, ce ne sont que des promesses verbales», se désole le même interlocuteur. Ce dernier espère que la prochaine réunion de conciliation, qui aura lieu mercredi prochain, aboutira à des choses concrètes. À noter que des piquets de grève ont été également observés, hier, dans tous les établissements hospitaliers, à l’échelle nationale. Pour rappel, les paramédicaux luttent pour exiger l’application effective des acquis du statut particulier, c’est-à-dire «le rattachement de la formation paramédicale à l’enseignement supérieur (formation LMD), le respect du cahier des charges du ministère de tutelle et le respect des amendements apportés au statut, notamment le volet se rapportant au plan de progression de carrière.» Ils réclament, également, «l’application des bonifications des postes supérieurs telles que régies par les dispositions du décret exécutif portant promulgation du statut particulier de la corporation paramédicale, la revalorisation des gardes payantes et le règlement définitif des situations des cadres syndicaux sanctionnés abusivement.»
L.O.Challal
