À peine les premiers rayons de soleil commencèrent à illuminer les cimes du majestueux Djurdjura, que les jeunes du village d’Agouni Gueghrane, perché à plus de mille mètres d’altitude, déployèrent de gigantesques banderoles sur lesquelles on pouvait lire des titres de chansons du regretté Slimane Azem.
Un autre groupe s’affairait à installer les stands qui accueilleront les expositions programmées pour le grand hommage rendu les 26 et 27 janvier à l’enfant d’Agouni Gueghrane, sur la place du village à l’occasion du 35e anniversaire de sa disparition. Slimane Azem est né en 1918 et est décédé le 28 janvier 1983 à Moissac, en France, où il fut enterré, ayant vécu en exil après son expulsion de son pays natal. Pour célébrer cet événement, l’association Ighran de son village a voulu refaire connaitre le parcours de l’artiste au public et à ses fans.
La maison de Dda Slimane en ruines
À l’entrée du village, deux membres de l’association nous accueillirent pour nous guider sur les lieux. Au fur et à mesure que nous empruntions cette route en pente, fort heureusement goudronnée, notre guide nous fait part de la volonté des jeunes du village dont la volonté n’est pas à démontrer pour avoir répondu à l’appel et sortir la demeure natale de Dda Slimane de l’oubli. «Il nous a fallu des moyens gigantesques pour arriver jusqu’à cet endroit enseveli sous des décombres et d’ordures de tout genre. Nous nous sommes mobilisés comme un seul homme avec la collaboration du maire. Vous voyez qu’aujourd’hui, nous avons pu ouvrir cet accès et arriver jusqu’ici. Personne n’aurait pensé qu’un jour les ruines de la maison du grand Slimane Azem sort de son délabrement. Il ne reste que quelques vestiges en pierres et un grand pilier», explique notre guide. «Notre objectif est de reconstruire sa maison mais aussi, nous ferons en sorte qu’elle garde son originalité. C’est pourquoi nous cherchons des restaurateurs expérimentés dans le vieux bâti. Elle deviendra un musée où tout visiteur pourra se recueillir et revisiter ainsi son parcours. C’est notre vœu. Je saisis cette occasion pour lancer un appel à tous ceux qui aiment Slimane Azem à contribuer pour réussir cette grande tâche qui nous attend», soulignera M. Ahcène Adil, vice-président de l’association Ighrem.
Une ambiance particulière
En deux jours, la place d’Agouni Gueghrane est sortie de sa torpeur hivernale. En dépit d’un froid glacial, des dizaines de personnes déambulaient entre les stands. En effet, de nombreux exposants sont venus des quatre coins de la wilaya : des potiers, des bijoutiers, des couturières de robes kabyles, des sculpteurs, des exposants d’objets du terroir… «Je suis venu de Tigzirt. Si toutes mes pièces me réconfortent quand je les regarde, mais celle que j’admire le plus est le portrait de Dda Slimane que j’ai gravé tout à mes débuts», déclare Ramdane Tatoult, un sculpteur sur bois et sur pierres. Un peu plus loin, c’est une voiture de collection qui a attiré notre attention : «Je savais que Dda Slimane aimait les voitures de son époque, c’est pour cela que je suis ici avec ma Peugeot 403 de la fin des années 60», répond un collectionneur en nous montrant ce véhicule rutilant rénové pour l’occasion. Malheureusement, les activités sportives étaient annulées. Il s’agissait d’exhibitions de judo, de takewendo, du full-contact et un tour de cyclisme.
Les jeunes dénoncent
«Nous avions tout préparé et nous nous sommes même entendus avec la DJS et les autorités locales pour l’organisation de ces activités. Jeudi dernier, nous étions informés que les activités sportives étaient annulées. Personne n’a pu nous donner la réponse par rapport à cette annulation. Nous dénonçons toutes les parties qui se sont opposées à ces activités», dénoncera le président d’Ighrem, avant d’ajouter : «Sauf un cycliste à tenu sa promesse.» Rencontré sur place, celui-ci dira : «Nous avions fait des contacts et nous avions même évoqué la sécurité sur l’itinéraire de Tizi-Ouzou jusqu’à Agouni Gueghrane. J’étais très content de participer à ce tour d’autant plus que c’est un hommage à Dda Slimane. Mais, jeudi dernier, j’ai appris que le tour était annulé. J’ai tenu quand même le pari et j’ai pris le chemin jusqu’ici en passant par Ath Ouacifs.» D’ailleurs, Yazid dit Hamid Zerdoud car c’est de lui qu’il s’agit avait été accueilli en héros par le public et fut gratifié d’un prix.
Amar Ouramdane

