Les internautes soulagés

S’il y a déjà quelques années, M’kira était entièrement enclavé, surtout en ce qui concerne les télécommunications, aujourd’hui, le téléphone sonne même dans les villages. En effet, cette région a bénéficié de deux projets en la matière : un RSS 512 lignes et un récepteur de type chinois (WLL). Certes aujourd’hui, avec la multiplication de toutes les formules, y compris le mobile, les M’kirois n’ont plus à se déplacer sur Tizi Gheniff, ni encore moins à Draâ El Mizan. Cependant, ceux qui sont soulagés restent tous ces jeunes amateurs de l’Internet. Depuis la mise en service du téléphone, le chef-lieu, Tighilt Bougueni, a vu le lancement de deux cybercafés. Ainsi, les internautes de M’kira ont cette opportunité de savoir ce qui se passe dans le monde, tout en ayant l’occasion de tchatcher. « Beaucoup de jeunes ont même trouvé l’âme sœur avec ce moyen », nous dit ironiquement un étudiant au sujet du net. Dès que les gérants des deux cybercafés ouvrent leurs portes, les jeunes prennent place à l’intérieur. « Notre clientèle est composée essentiellement de jeunes venant des villages environnants. Il y a des clients habituels. Certains d’eux passent des heures et des heures à surfer », tels sont les propos recueillis auprès d’un gérant. A M’kira, il n’y a rien d’autre, sauf peut-être ces cafés où l’on joue aux dominos. « Il vaut mieux payer 60 dinars que d’aller à Tizi Gheniff pour ne rien faire. Au moins, on peut espérer tisser des liens avec d’autres jeunes du monde entier », a lancé en notre direction un autre habitué des lieux. Selon un autre gérant, les cybercafés sont surtout fréquentés par des jeunes étudiants qui font leurs recherches. Si aujourd’hui, la connexion se fait par satellite, les internautes qui se plaignent de certains désagréments attendent tout comme ceux des grandes villes, la connexion par l’ADSL. A ce sujet, nous dira quelqu’un très au fait de ce moyen, il n’y aura plus de déconnexion. En tout cas, en attendant l’ADSL, les jeunes M’kiris continueront à profiter de ce qu’il y a comme connexion.

A. O.