Évoquant les projets importants inscrits pour la wilaya de Tizi-Ouzou, de nombreux responsables tiennent des discours rassurant en s’adressant aux citoyens de la région. Il semblerait que malgré les mesures d’austérité décidées en haut lieu, les nombreuses constructions envisagées seront menées à terme. Cependant, s’ils affirment que certaines réalisations proches de Tizi-Ouzou seront maintenues, personne ne souffle mot en revanche, concernant cette fameuse route attendue par tous les montagnards d’Iferhounene, d’Aïn El Hammam et d’Ath Ouacif. La voie rapide dont on a tant vanté l’importance dans le désenclavement des régions montagneuses, semble reléguée aux oubliettes. Cette route qui relierait, en tout cas sur papier, l’ex-Michelet à l’autoroute est-ouest par Draâ El-Mizan désengorgerait, à l’occasion, Ath Ouacif et plusieurs autres localités dépendant d’Iwadhiyen et de Boghni. Un espoir, devenu maintenant un rêve irréalisable. Dépités, les habitants des régions concernées n’évoquent plus ce projet qu’avec ironie. «De toute façon, nous sommes habitués aux conditions de vie difficiles. Notre part de développement restera à jamais dans les tiroirs comme tous les autres projets relevant de la Santé, de l’Education et bien d’autres secteurs. Nos communes n’attirent les responsables que lors des élections ou pour des ballades touristiques», disent-ils. Les différents walis et ministres qui empruntent difficilement ces virages dangereux n’en parlent qu’en aparté louant «le courage des habitants» qui font face à des conditions de vie difficiles. Pourtant, l’importance d’une route devant désenclaver définitivement la région d’Aïn El Hammam, à cinquante kilomètres de Tizi-Ouzou, et les communes environnantes n’est plus à démontrer. Elle résoudrait le problème crucial d’accès aux autres wilayas que les voyageurs et autres commerçants locaux ne peuvent joindre qu’au prix de plusieurs détours. L’impossible traversée de la montagne, en cette saison, contraint les routiers à se rabattre sur des itinéraires beaucoup plus longs et fastidieux pour rallier les wilayas de l’Est telles que Bouira, Sétif, Bordj Bou Arreridj, etc. C’est dire que l’annonce du projet, il y a quelques années, de la réalisation d’une voie rapide devant relier Aïn El Hammam à Draâ El-Mizan, et de là à l’autoroute Est-Ouest, a fait rêver plus d’un routier. Un rêve qui s’éloigne au point de devenir une utopie pour les habitants. Une autre route devant joindre les environs de Tamda a été, à une époque, proposée aux autorités de la wilaya qui l’auraient inscrite dans les projets de routes à ouvrir. Faute d’une «voie rapide», ce raccourci d’une dizaine de kilomètres, serait d’une grande utilité en ce sens qu’il réduirait la distance vers Tizi-Ouzou tout en évitant aux chauffeurs le calvaire des vingt kilomètres de virages entre l’ex-Michelet et Larbâa Nath Irathen.
A. O. T.
