BÉJAÏA – Malaise au service de chirurgie du CHU Khellil Amrane – Les éclaircissements du DG et du médecin chef

Le professeur Salah Berkane, médecin chef du service de la chirurgie générale du CHU Khellil Amrane de Béjaïa, a tenu à apporter des éclaircissements et à nier tout ce qui a été colporté à son sujet. Il était accompagné de son DG.

«Avant mon arrivée», dira-t-il, «il y avait de faux rapports qui étaient transmis à la hiérarchie et tout le monde faisait ce que bon lui semblait et on a voulu continuer à ce rythme avec moi, chose que j’ai, bien entendu, refusé. Ceci a poussé certains, qui n’arrivaient pas à s’adapter à ma méthode de travail, à rejoindre le secteur privé et d’autres à continuer à perturber le fonctionnement du service ou encore à entrer en congé de maladie de longue durée». Il n’est pas facile pour eux, enchaînera-t-il, «d’oublier les anciennes habitudes, à savoir ne suivre que leurs malades sans s’occuper des autres, établir à leur guise la liste des malades à opérer en prenant en considération leurs liens familiaux ou amicaux plutôt que la lourdeur de la maladie et imposer, par conséquent, leurs lois. Étant légaliste et consciencieux, je ne pouvais tolérer cela et je me suis mis à appliquer la réglementation, ce qui a déplu à ces gens là. Ils se sont empressés de crier à la dictature, alors que ce n’était qu’un minimum de discipline pour une meilleure organisation dans le travail». Il insistera sur le principe de fonctionnement du service en H24 à longueur d’année, la priorité de notre interlocuteur. Il s’offusquera que des enfants de la région puissent marcher dans ces combines allant à l’encontre de la bonne gestion du CHU et d’ailleurs, pour lui, seule la volonté des gens de Béjaïa de prendre à cœur leur travail peut relancer le développement de leur wilaya. Sinon, le professeur Berkane parlera du nombre de patients passant par son service estimé à 12 000 par an alors qu’il doit être de 20 000 pour peu que tout le monde y mette du sien et cela commence par les médecins pour que les autres suivent. Alors que la moyenne d’opérations chirurgicales est de 6 par an pour tout praticien, à Béjaïa, elle est de 1,5 très loin de la moyenne. Le manque de blocs et de personnel y est pour beaucoup, ce qui laisse entendre que la réalisation d’un véritable CHU à Béjaïa est plus que nécessaire. Intervenant dans le même ordre d’idées, son directeur général, le professeur Abdelmalek Danoune fera part de l’action que le service du professeur Berkane compte entamer très prochainement. Il s’agit de la signature de conventions avec les cinq hôpitaux de la wilaya pour y pratiquer toutes les petites opérations afin d’avoir du temps pour s’occuper, au CHU, des opérations lourdes. Il ne faut pas oublier, soulignera-t-il, que la cancérologie à Béjaïa représente le pôle national de chirurgie oncologique. Il parlera également de la greffe rénale que le service du professeur Berkane projetait de faire mais hélas, l’absence de structures adéquates l’a forcé à différer pour plus tard. En conclusion, le professeur Danoune soulignera l’importance des efforts déployés jusque-là qui ont permis d’avoir, aujourd’hui, la couverture de garde toute l’année par un spécialiste, un généraliste et deux résidents. Enfin, le plus important pour le directeur général du CHU c’est l’annonce par le ministre de l’Intérieur, des collectivités locales et de l’aménagement du territoire, lors de sa récente visite à Béjaïa, du dégel du projet du CHU après celui du centre anti-cancer d’Amizour. Une fois réalisé, il n’y aura plus aucun malade de Béjaïa à évacuer sur une autre wilaya et tous les services dignes d’un CHU seront opérationnels.

A. Gana.