Ce n’est pas le grand rush !

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On ne se bouscule pas au portillon pour acquérir des articles vendus au rabais dans le cadre des soldes d’hiver. Et face à l’optimisme des commerçants, les citoyens ne cachent pas leur méfiance.

C’est le constat que l’on peut faire dans la région d’Akbou, une vingtaine de jours après le lancement de cette opération réglementée. On peut les compter sur les doigts d’une seule main, les commerçants et autres opérateurs économiques qui ont souscrit à ces soldes, conformément aux dispositions du décret exécutif du 18 juin 2006. Celui-ci fixe les conditions et modalités de vente au rabais, liquidation de stocks en magasins d’usine, vente promotionnelle et vente au déballage. «C’est devenu une tradition. Chaque année, je suis partant pour les soldes d’hiver et pour les soldes d’été. Ce sont de belles opportunités pour écouler mes invendues et renouveler mes stocks, tout en faisant profiter le citoyen de la baisse des prix qui va de 20 à 40%», soutient le gérant d’un magasin d’ameublement, situé à la périphérie de la ville. «Un article acheté, un article offert», peut-on lire sur la devanture d’une autre boutique de chaussures. «Ce n’est pas la ruée, mais cela marche plutôt bien. Les gens prennent peu à peu conscience de cette occasion d’achat à ne pas rater, et grâce à laquelle ils peuvent réaliser de substantielles économies», déclare le propriétaire du commerce. Au centre-ville et au quartier Arafou, certains magasins affichent des écriteaux attractifs et en gros caractères. Néanmoins, peut-on observer, il n’est mentionné, ni le prix initial de l’article, ni le montant du rabais consenti. «On fait des soldes à notre manière. On ne peut pas adhérer à l’opération initiée par la direction du commerce, dans la mesure où on s’approvisionne sans factures et exclusivement au marché informel», confesse un commerçant, avouant que ses marchandises ne déclinent aucune traçabilité. Très peu ancrés dans les mœurs, et en l’absence d’une culture consumériste aidant, les soldes ne déchainent aucune passion et laissent souvent de marbre le commun des citoyens. «Je connais des commerçants malhonnêtes, qui gonflent démesurément les prix, pour les faire baisser durant la période des soldes. Les plus rusés changent carrément de marchandises, en exposant des articles de piètre qualité, mais à des prix toujours aussi prohibitifs», relève sur un ton de défiance, un père de famille. Eprouvés par une inflation galopante, bien des citoyens disent ne pas prêter grand intérêt à ces opérations, dont on s’en tamponne le coquillard. «Avec le renchérissement qui touche pratiquement tous les produits, on s’en tient au strict minimum pour s’en sortir. Et puis, il y a tellement de mauvaise foi dans les pratiques commerciales, qu’il est difficile d’acheter quoi que ce soit, sans se faire gruger», dispose un citadin résident au quartier Guendouza.

N. Maouche

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