Selon le président de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), Boualem Djebbar, la directive de la Banque d’Algérie concernant la flexibilité en matière d’ouverture de compte, n’est pas en contradiction avec le dispositif de lutte contre le blanchiment d’argent. «La note de la Banque d’Algérie n’est pas en contradiction avec le dispositif national de lutte contre le blanchiment. C’est le rôle des autres organes d’assurer le contrôle. Au niveau de la banque, on travaille sur la base de connaissance du client, lui réserver le meilleur accueil, recevoir son argent et le faire transiter dans le circuit économique», a affirmé M. Djebbar lors de son intervention, hier, sur les ondes de la chaine III de la radio nationale. Ladite note permettra aux banque, a-t-il soutenu, «de capter le maximum de capitaux afin d’alimenter l’économie nationale». Quant à la sous-bancarisation, il a souligné que les banques ont tracé un plan afin de capter l’argent qui est hors circuit bancaire. Il s’agit de cibler l’argent des ménages, «où le meilleur moyens de capter ces fonds est le développement des instruments d’épargne, et les instruments de paiement qui rassurent plus les gens», soutient M. Djebbar. Cette stratégie touche également l’octroi de crédits, le processus d’inclusion économique et la promotion des projets. Selon lui, suite aux mesures prises par le gouvernement par rapport au paiement électronique et la généralisation des TPE, «une bonne partie de l’argent qui est au niveau des banques restera dans le circuit bancaire». Questionné sur la liquidité au niveau des banques, M. Djebbar a fait savoir que «celle-ci a baissé par rapport aux années précédentes, suite à la consommation importante de crédits». Il a précisé que le taux de crédits est de 8 800 milliards de dinars en 2017 contre 7 800 milliards de dinars en 2016. Quant au non-recouvrement, le président de l’Abef a indiqué que les crédits à l’économie qui sont estimés à 75% sont orientés vers le moyen et long terme. «Ce qui fait que la remboursabilité des crédits ne peut pas se sentir dans l’immédiat», a-t-il précisé. Par ailleurs, il a fait état des crédits impayés, qui sont estimés à environ 10%, «cumulés depuis l’existence des banques et ils sont de tous types confondus», a-t-il dit. Le même responsable a affirmé que la conformité fiscale qui a été clôturée au 31 décembre 2017 «a réussi à drainer un peu plus de 100 milliards de dinars».
Samira Saïdj
