Le CHU de Tizi-Ouzou a abrité hier et avant-hier une formation spécialisée dispensée par docteur Zagala, spécialiste en rhumatologie interventionnelle, à l’hôpital de Grenoble (France). Il a été procédé, pour l’occasion, à la pratique de l’infiltration, un geste qui peut éviter la chirurgie, sur 26 patients pour la première fois en Algérie dans un hôpital civil.
La formation en question a été initiée par Pr Djenane, médecin chef du service de rhumatologie, en collaboration avec le professeur Melboussi. Elle rentre dans le cadre de la formation médicale continue des médecins du CHU Nedir Mohammed. La pratique de l’infiltration nécessite des gestes précis, à savoir intervenir au niveau du rachis, précisera Pr Djenane. Des gestes, expliquera-t-il, «qui se font dans un bloc opératoire sous scopie». Et d’expliquer : «Cette formation est réalisée sous la direction du docteur Alain Zagala, rhumatologue au niveau du CHU de Grenoble, un expert reconnu en matière de rhumatologie interventionnelle». «La formation a débuté avant-hier par un topo théorique sur la manière de faire ces infiltrations où le docteur Zagala a fait part de son expertise. On est passé par la suite au bloc opératoire pour faire les gestes pratiques», notera le médecin chef de service rhumatologie du CHU de Tizi-Ouzou. Dr Zagala, à la sortie de la salle opératoire, nous expliquera davantage le geste pratiqué : «Cela consiste à injecter des médicaments au niveau de la colonne cervicale, lombaire et même à d’autres niveaux chez des patients qui ont des problèmes de dos, de l’arthrose de l’asiatique. L’infiltration n’est pas une opération chirurgicale. Ce sont les rhumatologues qui font les interventions, moi, je suis spécialisé particulièrement dans la colonne vertébrale. Ces gestes réunissent les rhumatologues et les orthopédistes. L’infiltration peut nous éviter la chirurgie. Pour se donner plus de chance, il faut arriver à infiltrer d’une manière très précise. C’est le stade d’avant la chirurgie, ce qui ne nécessite pas l’intervention d’un neurochirurgien». L’infiltration, poursuivra le spécialiste, «se fait par l’injection de la cortisone. On utilise d’abord un produit à base d’iode pour être sûr que le produit infiltre bien, puis on utilise la cortisone à doses mesurées». Cependant, poursuit-il, «on ne peut pas le faire pour certains malades qui souffrent de diabète tant que leur glycémie n’est pas équilibrée. Ce n’est pas praticable aussi en cas d’infection». Pour ce qui est des moyens requis pour la pratique de cet acte médical, le spécialiste a fait référence à la radiologie, de bonnes conditions d’hygiène et un bloc opératoire, ce qui a été disponible au CHU de Tizi-Ouzou. Concernant le staff médical qui a participé à la formation, il a fait part de «l’intérêt qu’ont porté les médecins résidents à cette formation et leurs compétences». «J’ai montré au début puis j’ai accompagné», a-t-il fait savoir. Le geste de l’infiltration se fait en 10 minutes par un spécialiste chevronné, et un peu plus pour spécialiste junior. Pr Melboussi, chef de service du service traumatologie, a indiqué que «dans un proche avenir, on ne va plus opérer un malade sans avoir effectué auparavant une, deux ou trois infiltrations». Dorénavant, l’infiltration peut être effectuée au niveau de ce service en attendant d’installer une unité spécialisée, annonce-t-on.
Kamela Haddoum

