Le problème de l’instabilité du sol, ayant induit une multiplication des glissements de terrains dans plusieurs régions de la wilaya, revient une nouvelle fois au devant de la scène, avec le dernier incident enregistré à Azazga.
Le phénomène s’intensifie particulièrement durant la saison hivernale, mais les fortes intempéries qui ont caractérisé ce début de printemps ont causé plusieurs incidents. Des études techniques entreprises par la direction de l’urbanisme, de l’architecture et de la construction (DUAC) de la wilaya de Tizi-Ouzou, ont recensé des zones dites rouges, comme à Aïn El Hammam, Tigzirt, Iflissen, Illilten, ou encore Azazga. Résultat, les APC ont été instruites de pas délivrer des permis de construire dans les sites qualifiés de dangereux et à risque. Le dernier glissement en date remonte à jeudi dernier, dans la commune d’Azazga, plus précisément au lieudit Tadart (polyclinique). Un drame a été évité de justesse. Deux habitations ont été touchées par un éboulement et présentent désormais d’importantes fissures. La RN12 a été interdite à la circulation, tant la chaussée et le sol furent déformés. Les habitants de la région, sous le choc, mettent en cause l’APC et les innombrables terrassements entrepris dans la région. «Cette zone a pourtant toujours été connue pour ses glissements de terrains», dénoncent des voix qui s’élèvent. Les riverains, bien qu’ils reconnaissent la nécessité des projets de développement inscrits pour leur région, se demandent néanmoins comment un permis de construire a été délivré sur ce terrain à risque. Il s’agit de 12 hectares où sont projetées une salle de fêtes, une piscine semi-olympique et une salle omnisport. Mais si pour les citoyens les raisons du glissement sont évidentes, le P/APC et les services concernés de la wilaya n’ont rien confirmé pour le moment. Le maire, M. Bennadji, parle de simples «soupçons». «Les services techniques de la wilaya ne se sont pas encore prononcés. Ils ont fait les contrôles sur le terrain et établi le constat. Des soupçons ont été exprimés invoquant la possibilité que les terrassements aient causé le glissement, mais il n’y a eu aucune confirmation jusqu’à l’heure actuelle», a-t-il déclaré. A signaler que le chantier a démarré et que les terrassements ont été achevés. Les travaux de béton ont d’ores et déjà été entamés. Le P/APC, se déchargeant de toute responsabilité, affirme par ailleurs que cette zone n’a jamais été recensée rouge. L’édile remet même en question la fiabilité des études effectuées par les services de l’urbanisme, de l’architecture et de la construction (DUAC) de la wilaya, illustrant ces propos avec des exemples de sites «classés jadis rouges et sur lesquels plusieurs structures ont été construites». Quant aux solutions à trouver pour ce problème, le maire explique que cela dépassait les moyens et les compétences de l’APC : «On n’a pas de solution définitive. A court terme, on fait dans le dépannage, on essaye de limiter les dégâts. A long terme, il nous faut l’aide des autorités de wilaya, pour refaire les études par exemple», conclura-t-il.
Kamela Haddoum.

