L’association pour la protection de l’environnement Garoura, du village Tarihant, a organisé, avant-hier, une journée de vulgarisation du greffage des plants. Une opération, ayant relativement disparu ces dernières années, que les jeunes de ce collectif ont décidé de remettre au goût du jour. Avant-hier donc, les animateurs de Garoura, aidés par les seniors du village, ont organisé une tournée à travers les champs de la localité, pour apprendre aux jeunes, avides de connaissances, les techniques utilisées par leurs ancêtres à même de réussir le greffage des plants. A Azaghar comme à Ighil, les arbres poussent à profusion. Ils n’attendent que d’être greffés. Les plants d’oléastre (l’olivier sauvage) étaient jadis abondants. Leur greffage signifie une plus-value en matière de production d’olives dans la localité qui en fait une véritable vocation. Outre l’oléiculture, la région est riche en vignes dont les plants poussent même sans intervention humaine. Les techniques de greffage ont aussi concerné les pruniers, les figuiers, les poiriers et bien d’autres arbres. Cette technique est en fait très maîtrisée par les anciens. Les jeunes de Garoura, en organisant cette journée, voulaient transmettre ce savoir-faire ancien aux jeunes générations, d’autant plus que l’État a mis au point une politique d’aide à l’agriculture de montagne. Cela dit, réussir le greffage n’est pas le seul objectif visé à cette action. L’arbre est l’âme de la nature. Le protéger et lui donner vie sont une mission noble que cette association s’est assigné à accomplir. Il n’échappe à personne que le greffage a, nettement, développé l’agriculture de montagne. Jadis, dans les villages kabyles, acheter des fruits ne faisait pas partie des préoccupations quotidiennes des ménages. Tous les fruits étaient déjà dans les champs et dans les potagers. Rares étaient les maisons qui ne possédaient ne serait-ce qu’un citronnier, une vigne, ou un figuier dans la cour de maison, ce qui dénote de l’attachement ancestral des Kabyles à l’arboriculture, en particulier, et à l’agriculture, en général, étant leurs sources de revenus.
Akli N.
